NADAL : les secrets de la Decima…

Sport 21 novembre 2018 par telemartin |


Avec un nouveau triomphe à Roland Garros, le Majorquin est entré dans la légende du tennis en devenant le 1er joueur à remporter dix fois le même tournoi d’un Grand Chelem. Avant lui d’autres sportifs espagnols avaient déjà marqué de leur empreinte la terre battue parisienne. Pour comprendre la domination ibérique sur cette surface, telemartin.tv est parti à la rencontre de Rémi Bourrières de Tennis Magazine. Si ça ne vous donne pas envie d’apprendre l’espagnol…

Le journaliste qui connaît bien Rafael Nadal révèle la méthode de l’Espagnol pour être invincible.

telemartin.tv : Comment expliquer la 10e victoire d’un même tournoi du Grand Chelem de Rafael Nadal ?

Rémi Bourrières : Cela dépasse l’entendement. Le plus énorme, c’est qu’il ne va sans doute pas s’arrêter là. La première explication c’est qu’il a commencé tôt. Il a gagné son 1er Roland-Garros, il avait à peine 19 ans et il avait déjà une musculature d’adulte. De plus, aujourd’hui, on ne voit plus de tennisman de moins de 23 ans gagner de tournois du Grand Chelem ni même être classé dans les cinquante premiers. Il a commencé à bâtir son record phénoménal par sa précocité.

Peut-il encore gagner 2 ou 3 Roland-Garros supplémentaires ?

Tout part de la tête. Tant qu’il a l’envie, le corps suit. Nous sommes à une époque où il y a de plus en plus de joueurs de 30-35 ans qui sont encore au top. Nadal connaît parfaitement tout ce qu’il faut faire en terme d’hygiène de vie et de récupération. Il avait une telle marge cette année sur terre battue qu’on peut tout à fait imaginer qu’il puisse gagner d’autres Roland-Garros.

Pourquoi avec Sergi Bruguera, Carlos Moyà, Albert Costa ou encore Juan Carlos Ferrero, les espagnols sont-ils si dominateurs à Roland-Garros ?

C’est culturel. On ne trouve quasiment que des cours de terre battue en Espagne. 95% des terrains là-bas ont adopté cette surface contre moins de 30% en France. Les joueurs espagnols naissent et grandissent sur terre battue. Il y a une culture du dépassement de soi et ce n’est pas un hasard si les espagnols excellent dans beaucoup de sports. Cet esprit colle parfaitement à la terre battue, la surface la plus physique qui demande le plus d’endurance.

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La préparation physique des joueurs espagnols de tennis est-elle très différente de celle des joueurs français ?

Dans ce domaine, il y a toujours une petite culture du secret. Pour en avoir néanmoins parlé avec Nadal, il adapte toujours sa préparation physique au terrain. On ne le fait pas assez en France à mon avis. Les Français ne travaillent que leur partie technique sur la prochaine surface à jouer.

Il y a quelques années en France, d’anciens joueurs ou responsables politiques sous-entendaient que Rafael Nadal se dopait. Qu’en pensez-vous ?

Je n’y crois absolument pas. La cabale qui a été montée contre lui est assez scandaleuse. Pour le connaître, c’est quelqu’un qui a trop de respect pour son sport, trop de valeurs pour se laisser aller à une dérive comme celle-là. En général, les joueurs dopés de tennis ne durent pas, ce sont des étoiles filantes. Je trouve honteux ce qui a été dit en France à son sujet.

La biographie officielle de Rafael Nadal donne l’impression que le joueur ne vit que pour le tennis 7jours/7 et 24h/24. Sitôt un tournoi gagné au lieu de faire la fête, il se concentre immédiatement sur le prochain tournoi. Est-ce la clé de son succès ?

Il faut un peu nuancer cela. Quand Nadal rentre chez lui, il n’a qu’une idée, c’est prendre son bateau et aller pêcher en mer avec ses potes. Cependant, ses phases de break sont très courtes et il ne se laissera jamais aller à prendre une cuite ou à trop manger. Son professionnalisme passe par l’entrainement, le sommeil et l’alimentation.

Quelles leçons la Fédération Française de Tennis peut-elle prendre sur la fédération espagnole ?

C’est plutôt aux joueurs français de prendre des leçons de Nadal. Il faut qu’ils s’inspirent de sa manière de travailler et de son état d’esprit. La manière de penser de Rafa est exemplaire. Il ne prend personne à la légère. Il respecte tout le monde. Dans aucun match, il ne se sent le favori. Être un champion comme lui n’empêche pas le doute. Il doute tout le temps. En général avec des joueurs de sa trempe, il n’y en a aucun qui a le melon. L’humilité de Nadal lui permet de rester au top. Son oncle Toni Nadal qui a forgé Rafa tempère toujours ce qui arrive à son neveu.

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