En France, le « Casse-toi, pauvre con » de Nicolas Sarkozy ou le « Non mais allô ! » de Nabila ont marqué les mémoires. Qu’en est-il des phrases qui ont marqué celles des Espagnols ? Petite rétrospective de dix phrases cultes, prononcées à la télé ou sur Internet, que beaucoup d’Espagnols continuent de citer au quotidien. Les connaître, c’est comprendre les clins d’œil de vos amis !
Comment les utiliser : ces phrases s’emploient presque toujours sur le ton de l’humour, entre amis. Elles fonctionnent surtout en Espagne : en Amérique latine, on risque de ne pas saisir la référence.
Les 10 phrases cultes des Espagnols
¡Hasta luego, Lucas!
C’est ainsi que l’humoriste andalou Chiquito de la Calzada saluait son public. La formule, qui rime en espagnol, est restée : on l’utilise encore pour prendre congé de façon amusante, évidemment dans un contexte amical.
Pimpam, toma lacasitos
Lors d’un reportage télévisé sur les contrôles d’alcoolémie, un jeune homme bien éméché s’est amusé à danser, à mimer la trompette et à enchaîner des phrases absurdes au lieu de souffler dans l’éthylotest. Les Lacasitos sont des bonbons chocolatés colorés. La phrase ne veut rien dire : c’est justement ce qui fait rire les Espagnols quand ils la ressortent entre copains.
Gracias Sara
On doit cette formule à la journaliste sportive Sara Carbonero, alors compagne du gardien de but Iker Casillas, dont les interventions depuis le bord du terrain se concluaient par le « merci, Sara » du studio. Certaines de ses remarques ayant été jugées un peu évidentes, la formule est devenue une façon de répondre, avec ironie, à quelqu’un qui enfonce une porte ouverte.

¿Por qué no te callas?
Lors du sommet ibéro-américain de Santiago du Chili, en 2007, le roi Juan Carlos Ier a lancé cette phrase au président vénézuélien Hugo Chávez, qui interrompait sans cesse les débats et venait de qualifier de « fasciste » l’ancien chef du gouvernement espagnol José María Aznar. Remarquez le tutoiement royal : c’est ce qui a rendu la scène si célèbre.
Un poquito de por favor
C’est la réplique fétiche d’Emilio, le concierge joué par Fernando Tejero dans la série culte Aquí no hay quien viva. Grammaticalement absurde, elle est entrée dans le langage courant pour réclamer un peu de calme ou de respect, notamment dans les salles de classe…

Si me queréis, irse
La chanteuse Lola Flores a lancé cette demande à ses admirateurs qui avaient envahi l’église lors du mariage de sa fille, en 1983. La phrase est célèbre aussi pour sa grammaire : à l’impératif, on dirait idos ou, plus couramment, iros, et non irse.
Cruza la pasarela
C’est l’emblème de l’émission Operación Triunfo, l’équivalent espagnol de la Star Academy. La phrase était prononcée lorsqu’un candidat était sauvé et pouvait rejoindre les autres.
Te digo yo a ti, que sí
Elle vient de l’émission Hermano mayor, sorte de « Pascal, le grand frère » espagnol, où des adolescents en conflit avec leur famille étaient accompagnés par un coach. Les répliques les plus têtues de certains participants sont devenues des mèmes.
Saludos de YouTube
Certains youtubeurs espagnols saluent leurs abonnés d’une façon qui a marqué les esprits :
« ¿Qué pasa, chavales? Todo bien, todo correcto, y yo que me alegro. » — « Quoi de neuf, les jeunes ? Tout va bien, tout est en ordre, et moi j’en suis ravi. » (AuronPlay)
« Hola, soy el Cejas. » — « Salut, c’est le Sourcils. » (El Cejas)
« Hola, criaturitas del señor. » — « Salut, petites créatures du Seigneur. » (El Rubius)
Cómeme el Donut
Le duo Glitch Gyals a fait sensation dans l’émission Factor X en 2018 avec une prestation délirante et revendicative sur les inégalités subies par les femmes. La formule a ensuite été reprise sur des pancartes lors de mobilisations féministes.
En résumé
| Phrase | Origine | Quand l’utiliser |
|---|---|---|
| ¡Hasta luego, Lucas! | Chiquito de la Calzada | Pour dire au revoir |
| ¿Por qué no te callas? | Juan Carlos Ier, 2007 | Pour faire taire (en plaisantant) |
| Un poquito de por favor | Aquí no hay quien viva | Pour demander le calme |
| Si me queréis, irse | Lola Flores | Pour qu’on vous laisse tranquille |
| Cruza la pasarela | Operación Triunfo | Pour annoncer une bonne nouvelle |
Notre conseil : placez un ¡Hasta luego, Lucas! ou un un poquito de por favor au bon moment avec des amis espagnols : effet garanti. Ces références culturelles montrent que vous ne connaissez pas seulement la langue des manuels, mais aussi celle de la télé et de la rue.


