Les Français les ont adoptés. Ils ont même fait de certains d’entre eux de véritables trésors nationaux. Pourtant, ces comédiens et actrices sont nés de l’autre côté des Pyrénées, ou sont enfants de parents espagnols. Les plus Français des Espagnols — ou les plus Espagnols des Français — ont séduit le public par leur exubérance, leur originalité ou leur accent, qui a épousé à merveille notre cinéma. Au passage, nous vous donnons le vocabulaire espagnol pour parler de leurs carrières.
Le mot clé : une star de cinéma se dit una estrella de cine (féminin, même pour un homme !) ; on entend aussi l’anglicisme una star. Un acteur comique est un actor cómico et une comédie una comedia.
Petit tour d’horizon de ces célébrités exportées
Victoria Abril
Elle a longtemps été la chouchoute du cinéma français. Pétillante, drôle, un brin provocatrice, cette Madrilène a gagné en popularité chez nous dans des comédies débridées, comme Gazon maudit (1995) de Josiane Balasko. Les Français apprécient sa liberté de parole. L’actrice et chanteuse n’a pas tourné avec Pedro Almodóvar pour rien (¡Átame!, Tacones lejanos, Kika) : elle sait passer de la sensualité à l’humour en une fraction de seconde, une qualité rare au cinéma.
« Victoria Abril vive en Francia desde hace muchos años. » — « Victoria Abril vit en France depuis de nombreuses années. »
Sergi López
L’accent espagnol semble décidément plaire. C’est en 1997 qu’un large public découvre Sergi López avec Western, de Manuel Poirier, un road-movie en terre bretonne qui révèle la gouaille du Catalan. Avec lui, on ne sait jamais sur quel pied danser, tant il excelle dans les rôles ambivalents. Il reçoit le César du meilleur acteur en 2001 pour Harry, un ami qui vous veut du bien, de Dominik Moll, où son personnage inquiétant a donné des sueurs froides à bien des spectateurs. La consécration internationale arrive avec El laberinto del fauno (« Le Labyrinthe de Pan », 2006) du Mexicain Guillermo del Toro, où il joue un capitaine franquiste sadique en 1944.
« Hace de malo como nadie. » — « Il joue les méchants comme personne. »
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José Garcia
Révélé dans l’émission Nulle part ailleurs sur Canal+, aux côtés d’Antoine de Caunes, José Garcia a déclenché des fous rires chez des millions de téléspectateurs avec ses personnages hauts en couleur, souvent travestis. Le cinéma fait vite appel à lui : dans La vérité si je mens ! (1997), énorme succès populaire, il crève l’écran en Serge Benamou, homme d’affaires fanfaron et fêtard. Il devient une valeur sûre de la comédie française, avec notamment Jet Set et les suites de La vérité si je mens !, mais sait aussi surprendre dans des rôles sombres, comme dans Le Couperet de Costa-Gavras.
Gérard Hernandez
Le grand public l’a redécouvert dans la série Scènes de ménages, où il incarne Raymond, un mari bourru et plein de mauvais esprit. Mais pour beaucoup de trentenaires et de quadragénaires, Gérard Hernandez, c’est d’abord une voix : celle du Grand Schtroumpf dans le dessin animé tiré des aventures de Peyo, et de nombreux autres personnages de dessins animés et de films étrangers. Sa voix pleine d’espièglerie a donné ses lettres de noblesse au métier de comédien de doublage. Adepte du bon mot, il a aussi fait les grandes heures du jeu télévisé L’Académie des neuf dans les années 1980.
« Es actor de doblaje: pone la voz a personajes de dibujos animados. » — « Il est comédien de doublage : il prête sa voix à des personnages de dessins animés. »
Jean Reno
De cet homme taiseux, Luc Besson a fait une star. Le Grand Bleu (1988) révèle, derrière une apparence de dur, un acteur d’une grande sensibilité : Jean Reno a alors une quarantaine d’années. Léon (1994), où il joue un tueur à gages qui protège une adolescente interprétée par Natalie Portman, en fait une vedette internationale. Juan Moreno y Herrera-Jiménez — c’est son vrai nom — montre aussi qu’il sait faire rire avec Les Visiteurs (1993) et ses quelque 14 millions de spectateurs en France. Hollywood lui ouvre ensuite ses portes : Mission impossible, Ronin, Godzilla… Il devient l’un des acteurs français les plus connus dans le monde.
« Su verdadero nombre es Juan Moreno. » — « Son vrai nom est Juan Moreno. »

Louis de Funès
Impossible de terminer cette sélection sans parler du comédien préféré des Français. Des décennies après sa mort, la diffusion de n’importe lequel de ses films à la télévision assure encore une belle audience. Ce phénomène comique, qui séduit génération après génération, reste la référence du burlesque. Ses parents étaient espagnols, et leur histoire est aussi rocambolesque que ses films : selon le récit familial, le couple aurait fui l’Espagne pour se marier malgré l’opposition de la famille de la mariée, avant de s’installer en France au début du XXe siècle. Un caractère bien trempé dont Louis a hérité pour tenir tête à Gabin et Bourvil dans La Traversée de Paris (1956). La suite, de La Grande Vadrouille à Rabbi Jacob, appartient à l’histoire du cinéma.
Le vocabulaire espagnol pour parler d’une carrière d’acteur
| Espagnol | Français | Exemple |
|---|---|---|
| el papel protagonista | le rôle principal | Tiene el papel protagonista. — Il a le rôle principal. |
| el papel secundario | le second rôle | Empezó con papeles secundarios. — Il a commencé par des seconds rôles. |
| el doblaje, doblar | le doublage, doubler | En España se doblan muchas películas. — En Espagne, on double beaucoup de films. |
| el taquillazo | le carton au box-office | La película fue un taquillazo. — Le film a fait un carton. |
| el rodaje | le tournage | Está de rodaje en Madrid. — Il est en tournage à Madrid. |
| el estreno | la sortie, la première | Fuimos al estreno. — Nous sommes allés à l’avant-première. |
| el premio, ganar un premio | le prix, gagner un prix | Ganó el César al mejor actor. — Il a gagné le César du meilleur acteur. |
| la alfombra roja | le tapis rouge | Desfiló por la alfombra roja de Cannes. — Il a défilé sur le tapis rouge de Cannes. |
Erreurs fréquentes : un « comédien » se dit un actor ; un comediante désigne plutôt un acteur de théâtre ou un humoriste. « Le film est sorti » se traduit par la película se estrenó et non salió, qui est plus familier. Et attention : les titres changent souvent d’une langue à l’autre (Le Labyrinthe de Pan = El laberinto del fauno).
Une petite vidéo pour continuer :
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Notre conseil : regardez un film de Jean Reno ou de Louis de Funès doublé en espagnol. Comme vous connaissez déjà l’histoire, vous pourrez vous concentrer sur la langue, et vous découvrirez au passage le titre espagnol de vos films cultes.
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