De retour du Costa Rica, nous en avons profité pour faire le tri dans tout ce que nous avons entendu là-bas : voici les expressions vraiment typiques de ce merveilleux pays, celles que les Ticos (les Costaricains) utilisent tous les jours. Avec leur sens, des exemples traduits et quelques conseils pour les placer au bon moment pendant votre voyage.
Pourquoi « Ticos » ? Les Costaricains aiment ajouter le diminutif -ico là où le reste du monde hispanophone dit -ito : chiquitico (« tout petit »), un momentico (« un petit moment »). C’est de cette habitude que vient leur surnom, ticos et ticas, qu’ils revendiquent avec fierté.
Les expressions les plus typiques du Costa Rica
Pura vida
C’est l’expression, et presque la devise, du Costa Rica. Elle veut tout et rien dire : on l’utilise pour dire bonjour, pour remercier, pour répondre « ça va bien », pour conclure une conversation ou simplement pour créer une certaine complicité. Vous l’entendrez tous les jours, plusieurs fois par jour. Déroutant au début : si vous traduisez mot à mot, vous vous demanderez pourquoi tout le monde vous parle de « vie pure ». Puis, au bout de quelques jours, elle vous semblera parfaitement naturelle. C’est aussi une façon de dire : « Ici, on prend la vie du bon côté. »
« —¿Cómo estás? —¡Pura vida, mae! » — « Comment ça va ? — Super bien, mon pote ! »
« Gracias por todo. —¡Pura vida! » — « Merci pour tout. — Avec plaisir ! »
Ser un gato
Au Costa Rica, on appelle volontiers gato ou gata une personne aux yeux clairs (verts ou bleus), comme ceux d’un chat. On entend aussi l’expression pour quelqu’un d’habile, de doué, là où l’on dirait ailleurs ser diestro ou ser muy hábil. Dans les deux cas, c’est plutôt un compliment.
« Su hermana es gata, tiene unos ojos verdes preciosos. » — « Sa sœur a les yeux clairs, de magnifiques yeux verts. »
Ponerse
Quand un Tico fait un effort particulier pour quelqu’un, qu’il soigne un cadeau ou un repas, on dit qu’il se puso. En espagnol plus standard, on emploierait esmerarse (« s’appliquer, se surpasser »). L’expression sert souvent à remercier ou à féliciter.
« ¡Diay, te pusiste con la cena! » — « Eh ben, tu t’es surpassé pour le dîner ! »
Ser tuanis
On raconte souvent que tuanis vient de l’anglais too nice. Cette origine n’a jamais été prouvée et reste discutée, mais le sens est bien le même : une personne tuanis est agréable, et une chose tuanis est bien, réussie. Le mot est invariable.
« Tus amigos son muy tuanis. » — « Tes amis sont super sympas. »
« ¡Qué tuanis estuvo esa película! » — « Il était trop bien, ce film ! »
Rulearse
Au Costa Rica, rulear (ou rulearse) veut dire « dormir », et plus particulièrement piquer un petit somme. Pour une oreille française, le verbe fait penser à « roupiller » ou à « se rouler » en boule sur le canapé. Les Ticos no toman una siesta : se rulean !
« Estoy muerto, me voy a rulear un rato. » — « Je suis crevé, je vais roupiller un moment. »
Jalar con alguien
Tout simplement, jalar con alguien veut dire « sortir avec quelqu’un », être en couple. Le verbe s’emploie aussi seul : están jalando, « ils sortent ensemble ». Ailleurs, on dirait plutôt salir con alguien ou ser novios.
« ¿Desde cuándo jalás con Andrea? » — « Depuis quand tu sors avec Andrea ? »
Ser un sapazo
Au Costa Rica, comme dans plusieurs pays d’Amérique latine, un sapo est une personne indiscrète, qui se mêle de ce qui ne la regarde pas, voire un mouchard. Avec le suffixe augmentatif -azo, sapazo renforce l’idée : c’est un vrai fouineur !
« No le contés nada, es un sapo. » — « Ne lui raconte rien, c’est une vraie commère. »
Bretear
Pour dire qu’on travaille, les Ticos utilisent le verbe bretear. C’est l’équivalent familier de trabajar, un peu comme le laburar très argentin ou le currar d’Espagne. Le travail lui-même, c’est el brete.
« Mañana no puedo, tengo que bretear. » — « Demain je ne peux pas, je dois bosser. »
« Conseguí un brete nuevo. » — « J’ai trouvé un nouveau boulot. »
Una choza
Dans le dictionnaire, une choza est une cabane. Au Costa Rica, c’est tout simplement la maison, un peu comme « la baraque » en français familier. Bien sûr, on dit aussi la casa, mais entre amis, le Tico parle plus volontiers de sa choza.
« Vamos a mi choza a ver el partido. » — « On va chez moi regarder le match. »
Mae
Impossible de terminer sans mae, l’équivalent tico du güey mexicain ou du tío espagnol. On le glisse partout, pour interpeller un ami, homme ou femme, ou simplement pour ponctuer ses phrases. Souvent accompagné de diay, petite interjection passe-partout (« eh bien », « ben »).
« Diay, mae, ¿qué hacés? » — « Ben alors, mec, tu fais quoi ? »

En résumé
| Expression tica | Sens | Équivalent plus général |
|---|---|---|
| Pura vida | Salut, ça va bien, merci, super | Muy bien, gracias |
| Ser gato | Avoir les yeux clairs ; être doué | Tener ojos claros ; ser hábil |
| Ponerse | Se surpasser, se montrer généreux | Esmerarse |
| Tuanis | Sympa, cool | Genial, chévere |
| Rulear | Dormir, faire un somme | Dormir, echarse una siesta |
| Jalar | Sortir avec quelqu’un | Salir con alguien |
| Sapo, sapazo | Indiscret, mouchard | Chismoso, metiche |
| Bretear, el brete | Travailler, le boulot | Trabajar, el trabajo |
| La choza | La maison | La casa |
| Mae | Mec, pote | Tío, amigo |
Le vos et l’usted au Costa Rica
Vous l’avez peut-être remarqué dans les exemples : jalás, contés, hacés. Au Costa Rica, une partie des habitants utilise le voseo, comme en Argentine, avec des formes verbales accentuées sur la dernière syllabe (vos sabés, « tu sais »). Mais le pays a une autre particularité : on y emploie très souvent usted, même entre amis ou en famille. Ne soyez donc pas surpris si un jeune de votre âge vous vouvoie spontanément : ce n’est pas de la distance, c’est la politesse tica. Le tú, lui, est compris de tous, mais il sonne un peu « étranger ».
Notre conseil : si vous ne devez retenir qu’une expression, c’est pura vida. Utilisez-la pour remercier, saluer ou répondre à « ça va ? » : vous ferez sourire à coup sûr. Ajoutez un mae avec les jeunes, et réservez sapo aux situations où vous êtes certain du ton !


