5 films d’horreur hollywoodiens nés de réalisateurs espagnols ou latinos

Cinéma 16 avril 2019 par telemartin.tv |


Des personnages qui entendent des voix, des fantômes qui rôdent, des Zombies qui surgissent pour mordre ou encore des décès que la science ne peut expliquer, l’Espagne enfante depuis 20 ans des réalisateurs qui terrorisent les spectateurs de la planète. Hollywood est entré dans la danse macabre en leur confiant les clés de ses studios.

Autopsie du phénomène par telemartin.tv à travers cinq films espagnols emblématiques.

Les Autres

Nicole Kidman incarne Grace, une femme effondrée devant l’absence de nouvelles de son mari parti au front. L’action se situe en 1945 et Grace vit avec ses deux enfants atteints d’une maladie rare, une allergie mortelle aux rayons du soleil. Vivant retiré dans une grande maison, la jeune mère de famille commence à entendre des voix, à surprendre des ombres puis à apercevoir des êtres qui semblent en vouloir à ses enfants. Grace est-elle en train de devenir folle ? La demeure est-elle la proie d’une présence maléfique ? Les enfants et leur étrange maladie sont-ils la réincarnation du diable ? Alejandro Amenabar utilise tous les codes du cinéma d’épouvante pour les faire voler en éclats : l’attente insoutenable, les grincements de porte, les personnages aux visages hallucinés et surtout le twist final. La révélation montre aux spectateurs combien il est facile de les manipuler et de les perdre dans des profondeurs abyssales alors que l’explication était devant leurs yeux durant tout le film. Le réalisateur madrilène filme avec maestria la solitude et la peur qui en découle. Son précédent long-métrage fantastique Ouvre les Yeux tourné en Espagne a même fait l’objet d’un remake américain avec comme particularité d’avoir Pénélope Cruz dans les deux versions. Les Autres en plus d’avoir obtenu 3 Goya (l’équivalent des César en Espagne) a été la Green Card pour plein de metteurs en scène espagnols partis exploiter le filon horrifique aux États-Unis.

Esther

Après avoir perdu un enfant, un couple décide d’adopter une fille de 9 ans prénommée Esther. Très vite, l’enfant développe une attitude étrange. Elle apparaît beaucoup plus intelligente et en avance que les enfants de son âge et des accidents assez graves se produisent en sa présence sans qu’il soit possible d’établir un lien avec elle. Intriguée la mère adoptive appelle l’orphelinat et une bonne sœur lui confirme les doutes de la mère. C’est qu’Esther a un lourd secret et qu’elle est prête à tout pour le protéger y compris assassiner s’il le faut sa nouvelle famille, petit frère et petite sœur inclus. Le réalisateur catalan Jaume Collet-Serra distille le malaise avec cette orpheline qui au lieu de susciter la compassion inspire le rejet et la peur. Les motifs d’Esther restent flous pendant une large partie du film jusqu’à la découverte du secret qui transforme l’enfant torturé en un monstre froid et calculateur. Pour dire la puissance émotionnelle du film, certains orphelinats ont émis leurs craintes que le film dissuade des couples d’adopter.

Rec

Le renouveau du film de zombies. Les deux réalisateurs espagnols Paco Plaza et Jaume Balagueró nous emmènent dans les coulisses d’une émission télévisée. Il s’agit de suivre le quotidien nocturne d’une caserne de pompiers. Rien ne va se passer comme prévu. Des appels font état de hurlements dans un immeuble. Quand ils débarquent les brigades du feu sont agressés violemment par des individus décharnés qui cherchent à mordre l’équipe de tournage. De plus les autorités politiques informées en haut lieu veulent mystérieusement les mettre en quarantaine. Dans un des appartements, on découvre qu’un prêtre était envoyer par le Vatican pour résoudre des cas de possession démoniaque. N’en jetez plus, tout est réuni pour vous mettre la pétoche et ça marche horriblement bien. La particularité de ce long-métrage est de nous raconter cette histoire en caméra subjective, à la première personne à la manière d’un documentaire. Tout est fait pour accréditer que ce que l’on voit sous nos yeux est réel et non une fiction. Les réalisateurs ont filmé de longs plans séquences en donnant le moins possible d’indications aux comédiens pour obtenir le plus de spontanéité possible. La bande-annonce a eu le bon goût au lieu de montrer des extraits du film d’inclure une caméra à l’intérieur d’une salle de cinéma et de diffuser uniquement les visages des spectateurs horrifiés. Résultat : un carton au box-office espagnol et une flopée de prix internationaux, trois suites et un remake américain plan par plan.

Buried

Un tour de force inouï. Le plus grand de toute l’histoire du cinéma selon telemartin.tv. Imaginez un film de 90mn qui se passe intégralement à l’intérieur d’un cercueil. C’est le défi relevé par Rodrigo Cortés. Le réalisateur galicien met en scène un chauffeur de camion américain travaillant en Irak qui se réveille enterré vivant dans une caisse en bois six pieds sous terre. Il ne peut compter que sur un téléphone portable à moitié rechargé. Avec une réserve d’oxygène très faible, une course contre la montre s’engage pour sauver sa peau. Si la séquestration semble avoir un motif politique, très vite des éléments presque fantastique incorporent le récit : un serpent qui surgit de nulle part, des interlocuteurs fantomatiques dénués de compassion. Pourtant, le spectateur veut y croire jusqu’au bout, la caméra scrutant le visage du héros et ses trop brefs moments d’espoir jusqu’à un final glaçant. Tendu comme un arc de bout en bout, jamais un film n’avait osé une unité de lieu dans un espace aussi étroit. Claustrophobe s’abstenir.

Le labyrinthe de Pan

Si Guillermo del Toro n’est pas ibérique mais mexicain, c’est un ambassadeur du cinéma en langue espagnol capable d’exporter son œuvre dans le monde entier. Ce film se déroule en 1944, cinq ans après la guerre d’Espagne. Le pays est sous la coupe de Franco et les derniers républicains se cachent dans des lieux isolés. Un soir, la fille d’un général sanguinaire est entrainée par une créature étrange dans un monde parallèle et féérique. Cette créature lui fait une grande révélation et la soumet à des défis. Ici, le monde fantastique fait contrepoint à la laideur du monde tyrannique qui asservit le pays. C’est le combat de la nature et de l’imagination contre la brutalité des hommes. Guillermo del Toro atteint une beauté, un esthétisme rarement observé avec une telle minutie au cinéma. L’exercice de style d’allier le conte dans ses éléments poétiques et macabres avec la grande Histoire contemporaine est relevé avec brio. La question du choix et de la désobéissance à travers les actes d’une enfant interroge le spectateur. Le monde parallèle dans lequel évolue la jeune fille est-il réel ? Ce film riche en symboles a obtenu une pluie de récompenses internationales dont 7 Goya. Laissez-vous embarquer dans ce que la production espagnole a sans doute produit de plus merveilleux.

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