Las chicas del cable, connue en France sous le titre Les Demoiselles du téléphone, est la première série originale espagnole produite par Netflix, lancée en 2017 et achevée après cinq saisons. Scénario, intérêt pour apprendre la langue, personnages : je vous donne mon avis sur cette série d’époque, et le vocabulaire à retenir pour la regarder en version originale.
En bref : une série d’époque tournée en espagnol d’Espagne, au langage soigné et au rythme plutôt lent, ce qui la rend plus facile à suivre que La casa de papel. Idéale à partir d’un niveau intermédiaire, en VO avec sous-titres en espagnol.
De quoi parle la série ?
L’histoire commence en 1928 à Madrid, au moment où le téléphone se démocratise. On suit un groupe de jeunes standardistes (telefonistas) embauchées par la grande compagnie de téléphone de la capitale. Alba, Carlota, Marga et Ángeles mènent leur vie dans une société où les femmes ne sont pas considérées comme les égales des hommes : elles ont besoin de l’autorisation de leur mari pour beaucoup de choses, et leur indépendance est sans cesse remise en cause.
Le casting réunit notamment Blanca Suárez, Ana Fernández, Nadia de Santiago, Maggie Civantos et Ana Polvorosa. Au fil des saisons, l’intrigue traverse les grandes étapes de l’histoire espagnole, de la fin de la monarchie d’Alphonse XIII à la Seconde République, puis à la guerre civile.
Mon avis sur le scénario
Pour ma part, je trouve que le scénario tient la route. Il aborde des sujets et des combats dont certains sont toujours d’actualité : l’égalité entre hommes et femmes, le droit au travail, la liberté de choisir sa vie, mais aussi la question de l’identité de genre à travers le personnage de Sara. On assiste également à la lutte pour le droit de vote des femmes, obtenu en Espagne avec la Constitution de 1931.
Seul petit bémol selon moi : la bande-son est pleine d’anachronismes. Entendre de la pop moderne dans les fêtes ou les cabarets des années 1920, même si c’est un choix assumé du réalisateur, c’est assez déroutant. Certains y voient une façon de souligner que les problèmes de l’époque ne sont pas si éloignés des nôtres. Pas bête…
Une bonne série pour apprendre l’espagnol ?
Oui ! Les personnages sont plus faciles à comprendre que ceux de La casa de papel. Époque oblige, le langage employé est plus formel et plus soigné, avec beaucoup de vouvoiement (usted). Le rythme de la série est aussi plus lent, ce qui vous aidera à bien suivre les dialogues. C’est aussi une jolie façon d’en apprendre plus sur l’histoire de l’Espagne et sur les combats sociaux de ses habitants.
Le vocabulaire de la série
| Espagnol | Français |
|---|---|
| la telefonista | la standardiste, l’opératrice |
| la centralita | le standard téléphonique |
| pasar una llamada | passer un appel, transférer |
| colgar | raccrocher |
| el sufragio femenino | le droit de vote des femmes |
| la igualdad | l’égalité |
| el marido / la esposa | le mari / l’épouse |
| la Segunda República | la Seconde République (1931-1939) |
« Compañía de teléfonos, ¿dígame? » — « Compagnie du téléphone, j’écoute ? »
« Le paso la llamada, no cuelgue. » — « Je vous passe l’appel, ne quittez pas. »
Le téléphone en espagnol aujourd’hui
Un petit détail qui surprend souvent : en Espagne, on répond au téléphone par « ¿Diga? » ou « ¿Dígame? » (littéralement « dites-moi »). Au Mexique, on dit plutôt « ¿Bueno? », en Argentine « ¿Hola? », et en Colombie « ¿Aló? ». Le téléphone portable se dit el móvil en Espagne et el celular en Amérique latine.
Notre conseil : regardez la série en VO avec les sous-titres en espagnol, un épisode à la fois, et notez les formules de politesse que vous entendez. C’est une excellente façon d’apprendre à vouvoyer (usted) naturellement.


