La Casa de Papel : les ingrédients de cette série qui casse la baraque

Actualités 16 avril 2019 par telemartin.tv |


Le feuilleton espagnol La Casa de Papel diffusé sur Netflix fait l’effet d’une bombe. Tout comme Narcos également diffusé sur Netflix, la réalisation, scénario, mise en scène, chaque épisode propose un récit haletant rendant accro (idéal pour apprendre l’espagnol) Le braquage, un thème que l’on croyait usé est dépoussiéré grâce à une étude approfondie des personnages. telemartin.tv analyse le programme phénomène.

La trame de la Casa de Papel, qui tient en une vingtaine d’épisodes, est simple.

Un homme énigmatique qui s’est choisi comme pseudonyme El Profesor a en tête le braquage le plus ambitieux et le plus fou jamais élaboré. Pour trouver ses complices, il se met en contact avec les plus grands voyous de la planète. Il recrute aussi bien à Rio, qu’à Moscou, Berlin ou Nairobi. Son objectif : pénétrer la Fabrique nationale de la Monnaie. Une fois à l’intérieur, il prévoit pour lui et ses acolytes d’imprimer plus de deux milliards d’euros en onze jours sans faire acte de violence. Forcément, la réalité se révèlera plus complexe. Dans la asaison 1 de la Casa de Papel, une prise d’otage d’une soixantaine de personnes s’improvisera faisant monter le climax de la série.

Des Ingrédients à succès

Si le programme fonctionne autant c’est parce qu’il s’empare d’ingrédients à succès. Une poêlée d’Ocean’s Eleven mâtinée à du Prison Break, une recette gagnante qui a fait les beaux jours du cinéma et de la télévision. Le personnage du professeur sorte de démiurge omniscient qui semble tout contrôler comme dans un jeu d’échecs avec plusieurs coups d’avance, intrigue le spectateur autant qu’il le fascine. D’autant que les auteurs du show passent les premiers épisodes à rendre toutes les péripéties crédibles. Les couacs arrivent hélas dans l’écriture lorsque l’histoire se perd dans les flashbacks, les divagations et les coups de Trafalgar. Il faut en effet tenir l’intérêt sur plusieurs heures.

Heureusement, l’autre force en béton armé de La Casa de Papel, ce sont tous ces protagonistes qui portent le nom de la ville dans laquelle ils ont été recrutés. Au début ce sont de simples exécutants puis ils deviennent à leur tour manipulateurs. La psychologie des personnages, plutôt paisible ne cherchant pas le mal autre que le vol fait que l’on s’attache à eux. Il n’y a que Berlin qui semble vraiment sadique. Évidemment comme dans tout film de braquage, il y a une guerre des nerfs entre ceux qui sont dedans et ceux qui sont dehors. Autre détail marquant, en ces temps de parité, le héro de cette série est une héroïne, Raquel Murillo, chef de la police, chargée de négocier avec les preneurs d’otages. Ultra-sensible et bousculée par les braqueurs, elle reste cependant volontariste.

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Un phénomène de société

Si la série est un tel phénomène de société en Europe, c’est parce qu’elle semble faire écho à l’actualité sociale du moment. Les mercenaires apparaissent comme des laissés-pour-compte de la crise. Ils ne méprisent pas le peuple et n’ont de ressentiments qu’envers les puissants. Et bien sûr quand on dit puissants, on pense banquiers. Cette représentation rappelle l’idéologie manifestée par les Indignados, un mouvement né dans la rue qui s’est établi électoralement en conquérant de grandes villes d’Espagne. El Professor fait d’ailleurs référence aux Indignés. La séquence emblématique de la fiction est le chant révolutionnaire « Bella Ciao » accompagné d’images d’archive de crises financières du passé. Il est ironique de constater que les paroles incitant à l’insurrection ornent aujourd’hui les panneaux publicitaires capitalistes des bus et des stations de métro de Paris incitant à visionner Netflix.

Comme autre symbole, on trouve aussi les masques de Salvador Dali portés par les braqueurs qui rappellent ceux de Guy Fawkes qu’arborent les Anonymous. Les deux masques font d’ailleurs fureur sur les sites de vente en ligne. Les mercenaires de La Casa de Papel ont d’ailleurs plus envie d’utiliser l’argent du casse pour leur confort que pour financer les grandes causes de transformation de la société.

Cependant en s’emparant d’une planche à billets, les voleurs ne lèsent personne contrairement au fait d’attaquer une banque qui reviendrait à voler les épargnants. Cela est bien mis en avant afin de titiller la fibre insoumise du spectateur.

La formule magique Netflix

Est-ce que la série bénéficierait de la même aura sans le partenariat avec Netflix ? Ce n’est pas certain. Le show revêt par moment des allures de telenovelas avec ces histoires de cœur d’une mièvrerie malvenue dans ce type de récit. Les américains avec 24h Chrono avaient déjà ouvert la voie il y a plus de 10 ans en mieux. Le savoir-faire du service par abonnement a donc tourné à plein régime pour booster un bouche à oreille déjà favorable. Il ne faut tout de même pas minimiser la mise en scène remarquable et rare pour une série européenne.

On savait depuis des années les espagnols surdoués pour les films horrifiques, la bonne nouvelle c’est qu’ils savent aussi produire une très bonne série à suspens hautement addictive.

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