Dans ce reportage, nous partons sur les traces de Don Quichotte, le chevalier à la triste figure, et de son créateur, Miguel de Cervantes. Direction la Manche, au cœur de l’Espagne : des plaines immenses, des moulins à vent blancs et des villages qui revendiquent fièrement leur place dans le roman le plus célèbre de la littérature espagnole. Une balade culturelle… et une belle occasion d’enrichir votre vocabulaire espagnol.
En bref : El ingenioso hidalgo don Quijote de la Mancha, de Miguel de Cervantes, est paru en deux parties, en 1605 et 1615. Il raconte les aventures d’un gentilhomme qui, à force de lire des romans de chevalerie, se prend pour un chevalier errant et part sur les routes de la Manche avec son écuyer, Sancho Panza.
La Route de Don Quichotte : voyager dans la Manche de Cervantes
Si le reportage vous a donné envie de partir sur les pas du chevalier à la triste figure, sachez que la région de Castille-La Manche a créé la Ruta de Don Quijote, un immense réseau de chemins balisés inauguré en 2005, pour le quatrième centenaire de la première partie du roman. On peut la parcourir à pied, à vélo, à cheval ou, plus simplement, en voiture, de village en village.
Les étapes incontournables
Campo de Criptana
Sur la colline qui domine le village se dressent une dizaine de moulins blancs. Plusieurs d’entre eux remontent au XVIe siècle et conservent leur mécanisme d’origine. C’est l’endroit parfait pour imaginer le célèbre combat contre les « géants ».
Consuegra
Douze moulins alignés sur une crête, au pied du château de la Muela. La vue sur la plaine de la Manche est spectaculaire, surtout au coucher du soleil.
El Toboso
C’est ici que vit, dans le roman, la dame des pensées de Don Quichotte. Vous pourrez y visiter la maison-musée de Dulcinée et un musée cervantin qui rassemble des éditions du roman dans de nombreuses langues.
Puerto Lápice
C’est dans une auberge (venta) de ce lieu que la tradition situe la scène où Don Quichotte se fait adouber chevalier par un aubergiste amusé.
Argamasilla de Alba
Selon la tradition, Cervantes aurait été emprisonné dans la Casa de Medrano et y aurait imaginé son héros. Rien ne le prouve, mais le lieu se visite volontiers.
Cervantes et son roman en quelques repères
Miguel de Cervantes est né en 1547 à Alcalá de Henares et mort à Madrid en 1616. Blessé à la bataille de Lépante en 1571, il perd l’usage de la main gauche, d’où son surnom de el manco de Lepanto (« le manchot de Lépante »). La première partie de El ingenioso hidalgo don Quijote de la Mancha paraît en 1605, la seconde en 1615. Sa première phrase est connue de tous les Espagnols : « En un lugar de la Mancha, de cuyo nombre no quiero acordarme… », « Dans un village de la Manche, dont je ne veux pas me rappeler le nom… ». Le roman est souvent considéré comme le premier roman moderne, et l’espagnol est parfois surnommé la lengua de Cervantes.
Des expressions nées du roman
| Expression | Sens |
|---|---|
| Luchar contra molinos de viento | Se battre contre des ennemis imaginaires, mener un combat perdu d’avance |
| Quijotesco / ser un quijote | Se dit d’une personne idéaliste, généreuse, prête à défendre des causes impossibles |
| Una dulcinea | La femme aimée et idéalisée |
| Con la Iglesia hemos dado, Sancho | Phrase du roman, souvent citée sous la forme « con la Iglesia hemos topado » : on se heurte à un pouvoir plus fort que soi |
« Querer cambiar a tu jefe es luchar contra molinos de viento. » — « Vouloir changer ton patron, c’est se battre contre des moulins à vent. »
« Mi abuelo era un quijote: siempre defendía a los demás. » — « Mon grand-père était un vrai Don Quichotte : il défendait toujours les autres. »
Attention : très populaire, la phrase « Ladran, Sancho, señal que cabalgamos » (« Ils aboient, Sancho, c’est signe que nous avançons ») n’apparaît pas dans le texte de Cervantes !
Le vocabulaire de la Manche
- el molino de viento — le moulin à vent
- el caballero andante — le chevalier errant
- el escudero — l’écuyer
- el hidalgo — le gentilhomme, noble de petite condition
- la llanura — la plaine
- la venta — l’auberge (au bord du chemin)
Notre conseil : ne vous lancez pas tout de suite dans le texte original, écrit en espagnol du XVIIe siècle. Commencez par une édition adaptée pour apprenants, ou une version bilingue : vous profiterez de l’histoire sans vous décourager.


