Dans Pablo Escobar, mon père, Juan Pablo Escobar, le fils du célèbre baron de la drogue colombien, dresse le portrait d’un homme que nous ne connaissons pas, loin de l’image donnée par les séries. Un témoignage troublant, entre souffrance et lucidité, qui permet aussi de découvrir le vocabulaire espagnol lié à l’histoire récente de la Colombie.
Publié en espagnol en 2014 sous le titre Pablo Escobar, mi padre, puis traduit en français, le livre peut choquer rien que par son existence. Première question qui vient à l’esprit : le fils Escobar est-il comme son père ? Heureusement non. Il ne s’agit pas du livre d’un narcotrafiquant repenti, mais du récit d’un fils qui a choisi une tout autre voie. Il a d’ailleurs changé de nom : il vit aujourd’hui en Argentine sous le nom de Sebastián Marroquín, et se présente comme architecte et conférencier.
Juan Pablo Escobar
Porter le nom d’Escobar n’a rien d’anodin. Pablo Escobar, chef du cartel de Medellín, a été l’un des criminels les plus puissants de l’histoire. Il a été abattu par la police colombienne à Medellín en décembre 1993. Dans un milieu où les règlements de comptes sont fréquents, son fils raconte avoir échappé plusieurs fois à la mort.
À travers ce livre, il veut proposer un portrait différent de celui que montrent la série Narcos ou les documentaires qui l’ont précédée. Il a même publié une liste des erreurs historiques qu’il dit avoir relevées dans la deuxième saison de la série. Sans jamais excuser les crimes de son père, il décrit aussi un homme capable d’aimer sa famille. Tout le livre oscille entre douleur, admiration d’enfant et condamnation d’adulte.
Excentricité
Le livre raconte un train de vie inimaginable : des fleurs qui arrivaient par avion privé, des sommes d’argent si énormes que la famille ne savait plus qu’en faire, et la célèbre Hacienda Nápoles, la propriété où Escobar avait fait venir des animaux exotiques, dont des hippopotames. Leurs descendants vivent encore en liberté dans la région et posent aujourd’hui un vrai casse-tête aux autorités colombiennes.

Juan Pablo Escobar, l’interview
Invité de TV5 Monde, Juan Pablo Escobar donne quelques détails supplémentaires. Il raconte notamment que son père lui a avoué très jeune, alors qu’il n’était qu’un enfant, qu’il était un criminel. Son message est clair : il ne veut pas que les jeunes pensent qu’être Pablo Escobar, c’est « cool ».
Juan Pablo Escobar est aussi au cœur du documentaire Pecados de mi padre (« Les péchés de mon père », 2009), réalisé par Nicolás Entel. On l’y voit notamment rencontrer les fils de victimes de son père pour leur demander pardon.
Le vocabulaire espagnol pour comprendre l’histoire
Que vous lisiez le livre en espagnol ou regardiez des documentaires en VO, ces mots reviennent sans cesse. Ils font partie de l’histoire de la Colombie, même si les Colombiens préfèrent largement qu’on parle de leur pays pour autre chose.
| Espagnol | Français | Exemple |
|---|---|---|
| el narcotraficante, el narco | le trafiquant de drogue | Era el narco más buscado. |
| el capo | le chef, le parrain | El capo del cartel de Medellín. |
| el sicario | le tueur à gages | Los sicarios trabajaban para el cartel. |
| plata o plomo | l’argent ou le plomb (la corruption ou la mort) | Ofrecía plata o plomo. |
| la plata | l’argent (en Amérique latine) | No tengo plata. |
| entregarse | se rendre (à la police) | Decidió entregarse. |
| pedir perdón | demander pardon | Quiso pedir perdón a las víctimas. |
Notre conseil : le livre existe en espagnol et en français. Si votre niveau le permet, lisez un chapitre dans les deux langues : c’est un excellent exercice pour enrichir votre vocabulaire, et le récit, au style direct, se lit facilement.


