L’autre grand club de la capitale espagnole, celui qui a longtemps grandi dans l’ombre du Real Madrid, c’est l’Atlético de Madrid. En mai 2018, il remportait à Lyon sa troisième Ligue Europa en battant l’Olympique de Marseille 3 à 0 en finale, après ses sacres de 2010 et 2012. L’occasion d’une petite pause football entre deux exercices d’espagnol : histoire, surnoms, rivalité et vocabulaire des supporters colchoneros.
Pourtant l’équipe de football n’a pas à rougir devant le ténor ibérique tant son palmarès est impressionnant
Ce triplé européen était un repère important dans l’histoire d’un club souvent sous-estimé hors d’Espagne. Immersion dans un monument du football espagnol.
Succès en série pour l’Atlético de Madrid en Ligue Europa…
Championnats d’Espagne (le dernier en 2021), Coupes du Roi, Supercoupes d’Espagne et d’Europe, Coupe des vainqueurs de coupe en 1962, Coupe intercontinentale en 1974… En plus de ses trois Ligues Europa, l’Atlético a de quoi remplir ses vitrines. Le club joue depuis 2017 dans le stade Metropolitano, une enceinte moderne de près de 70 000 places, située à l’est de Madrid. Les supporters ne ratent jamais une occasion de chanter plus fort que tout le monde : si le voisin madrilène est associé aux stars et aux transferts records, la ferveur, elle, est la marque de fabrique de l’Atlético.
Un accès privilégié !
Comme beaucoup de clubs espagnols, l’Atlético compte des dizaines de milliers de socios, des membres abonnés qui ont un lien très fort avec leur club. Obtenir un abonnement peut demander de la patience, car les places sont très prisées, et l’on se transmet souvent la passion, voire la carte de socio, de parent à enfant. Le roi Felipe VI lui-même est un supporter déclaré de l’Atlético. À Madrid, le football est presque une religion familiale.
Ces fameuses lignes rouges et blanches…
Ce qui frappe d’emblée les soirs de match, ce sont les rayures rouges et blanches, couleurs du maillot. Elles ont valu aux joueurs et aux supporters leur surnom de colchoneros, « les matelassiers » : au début du XXe siècle, le tissu des matelas était souvent rayé rouge et blanc, et ce tissu bon marché servait à confectionner les maillots. On les appelle aussi los rojiblancos. En creusant dans les origines du club, on découvre que l’équipe a été fondée en 1903 par des étudiants basques installés à Madrid, comme une filiale de l’Athletic Bilbao, avec des dissidents du Madrid FC, l’ancêtre du Real. Le stade se trouve d’ailleurs avenue Luis Aragonés, en hommage à la légende du club.
Un rival de taille
Pour écrire sa légende, une équipe a besoin d’un grand rival. Ce sera le Real Madrid, perçu par certains comme le club de l’establishment, alors que l’Atlético revendique une image plus populaire et rebelle. Le derby madrilène, el derbi madrileño, est l’un des grands rendez-vous du football espagnol, et l’ambiance au Metropolitano rappelle souvent davantage la ferveur sud-américaine qu’un stade européen.
L’ère Simeone
L’Atlético a changé de dimension avec l’arrivée, fin 2011, de l’entraîneur argentin Diego Simeone, ancien joueur du club. Il a apporté sa garra (sa hargne) : un jeu solide, une défense très difficile à percer et des attaquants qui ont explosé sous ses ordres, comme Radamel Falcao ou Antoine Griezmann, champion du monde avec la France en 2018. Le club a atteint deux finales de Ligue des champions, en 2014 et 2016, perdues de justesse… contre le Real Madrid. Sans avoir les moyens des plus riches clubs d’Europe, l’Atlético s’est forgé une identité forte et le respect des amoureux du football.

Pour terminer, un moment d’émotion : en mai 2018, Fernando Torres, l’enfant du club surnommé El Niño, disputait son dernier match à domicile sous le maillot rojiblanco et marquait deux buts devant un public ému.
Le vocabulaire du supporter en espagnol
| Espagnol | Français |
|---|---|
| La afición | Les supporters, le public |
| El socio | Le membre abonné du club |
| El derbi | Le derby |
| Marcar un gol | Marquer un but |
| El entrenador | L’entraîneur |
| La final / el título | La finale / le titre |
| Ganar / empatar / perder | Gagner / faire match nul / perdre |
« El Atlético ganó la final tres a cero. » — « L’Atlético a gagné la finale trois à zéro. »
Notre conseil : écoutez un match commenté à la radio espagnole. Les commentateurs parlent vite, mais répètent sans cesse les mêmes expressions : en quelques matchs, vous connaîtrez tout le vocabulaire du football… et le fameux «¡Gooool!» interminable.


