Certains titres et répliques de films espagnols ou latino-américains sont passés dans la langue de tous les jours, et d’autres films sont de vraies mines de vocabulaire. Voici les répliques des films espagnols et latinos à connaître : formules courtes, titres devenus expressions et mots clés de grands films d’Espagne, du Mexique et d’Argentine. Pour chacun : le sens, la grammaire cachée derrière et des exemples à réutiliser.
Comment lire cette page : chaque carte part d’un film et d’une expression, pour reconnaître ces formules dans la conversation… et les réutiliser vous-même.
Les répliques et titres de films espagnols devenus des expressions
Estar al borde de un ataque de nervios
Le titre de la comédie d’Almodóvar, « Femmes au bord de la crise de nerfs », est devenu une expression courante pour dire qu’on est à bout. Al borde de signifie « au bord de » et se combine avec plein d’autres noms : al borde de la quiebra (« au bord de la faillite »), al borde de las lágrimas (« au bord des larmes »). Le film est aussi célèbre pour un certain gazpacho aux somnifères…
« Con tanto trabajo, estoy al borde de un ataque de nervios. » — « Avec tout ce travail, je suis au bord de la crise de nerfs. »
¡Átame!
« Attache-moi ! » Ce titre est une petite leçon de grammaire : à l’impératif affirmatif, le pronom se colle à la fin du verbe (ata + me), et il faut alors ajouter un accent écrit pour garder l’accent tonique au bon endroit. À la forme négative, le pronom repasse devant : ¡no me ates!.
« Dímelo. » — « Dis-le-moi. »
« No me lo digas. » — « Ne me le dis pas. »
Hable con ella
« Parle avec elle », ou plutôt « Parlez-lui » : hable est l’impératif de politesse, à la forme usted, qui se construit avec le subjonctif présent. Avec tú, on dirait habla con ella.
« Pase, por favor, y siéntese. » — « Entrez, je vous en prie, et asseyez-vous. »
Volver
Un seul mot, « revenir », mais très riche. Suivi de a + infinitif, volver exprime la répétition : volver a hacer, c’est « refaire ».
« Vuelve a llover. » — « Il pleut de nouveau. »
« No lo voy a volver a hacer. » — « Je ne le referai pas. »
¡Y tu mamá también!
« Et ta mère aussi ! » : la vieille réplique de cour de récréation qu’on renvoie à quelqu’un qui vient de vous lancer une pique. Le road movie de Cuarón, avec Gael García Bernal et Diego Luna, est aussi un concentré d’argot mexicain : güey (« mec »), ¿neta? (« sérieux ? »), chido (« cool »).
« ¿Neta, güey? » — « Sérieux, mec ? »
Amores perros, una vida perra
Ici, perro est un adjectif : familièrement, il veut dire « misérable, pourri ». Amores perros, ce sont des « amours chiennes », douloureuses. Même idée dans una vida perra (« une vie de chien ») ou un día de perros (« un temps de chien », « une sale journée »).
« Hoy hace un día de perros. » — « Il fait un temps de chien aujourd’hui. »
Salvaje, quilombo
« Les nouveaux sauvages » en français, mais littéralement « récits sauvages ». Idéal pour entendre l’espagnol argentin : le vos au lieu de tú, le che pour interpeller, et le mot quilombo, « le bazar, le bordel », omniprésent au Río de la Plata.
« ¡Qué quilombo, che! » — « Quel bazar ! »
Sus ojos
Ce thriller oscarisé avec Ricardo Darín illustre par son titre un piège classique : su / sus peut vouloir dire « son, sa, ses », « leur, leurs » ou « votre, vos » (avec usted). Pour lever le doute, l’espagnol ajoute de él, de ella ou de usted.
« —¿Es su coche? —¿De él o de ella? » — « C’est sa voiture ? — La sienne à lui ou à elle ? »
El maquis
Le film de Guillermo del Toro se déroule dans l’Espagne de l’après-guerre civile. On y parle du maquis, les guérilleros qui continuaient la lutte dans les montagnes : le mot est le même qu’en français. Autres mots du titre : el laberinto (le labyrinthe) et el fauno (le faune). En France : Le Labyrinthe de Pan.
Mar adentro
Oscar du meilleur film étranger, avec Javier Bardem. Mar adentro veut dire « vers le large », « en pleine mer ». La construction nom + adentro ou afuera indique une direction : tierra adentro, « à l’intérieur des terres ». Et la différence entre dentro et adentro ? Adentro insiste sur le mouvement, et l’Amérique latine l’emploie plus volontiers.
Abre los ojos
« Ouvre les yeux », remaké à Hollywood sous le titre Vanilla Sky, avec Penélope Cruz dans les deux versions. Au figuré, abrir los ojos veut dire « ouvrir les yeux », comprendre la réalité, comme en français. Notez l’article : en espagnol, on dit los ojos et non tus ojos (« tes yeux ») quand la partie du corps appartient clairement au sujet.
« Me lavo las manos. » — « Je me lave les mains. »
Ocho apellidos
L’un des plus gros succès du cinéma espagnol. Un Sévillan se fait passer pour un Basque pur jus, avec les « huit noms de famille basques » qui le prouveraient. Explication : chaque Espagnol porte deux noms de famille (celui du père et celui de la mère), et en remontant aux arrière-grands-parents, on arrive à huit. Quelques mots basques au passage : agur (« au revoir ») et aita (« papa »).
El brazo tonto de la ley
Le titre détourne l’expression el brazo de la ley, « le bras de la loi », en « bras idiot de la loi ». Torrente, policier ringard et raciste, est une caricature volontairement grossière. C’est l’incarnation de l’adjectif cutre : « minable, miteux, ringard ».
« Ese bar es un poco cutre. » — « Ce bar est un peu miteux. »
¡Campeones!
Un entraîneur de basket condamné à entraîner une équipe de joueurs en situation de handicap intellectuel : la comédie, Goya du meilleur film, a ému toute l’Espagne. Campeón sert aussi d’interpellation affectueuse : ¿qué tal, campeón?, un peu comme « alors, champion ? ». Vocabulaire du basket : el baloncesto, la canasta (le panier), el entrenador (l’entraîneur).
Los lunes al sol
« Les lundis au soleil » : des chômeurs d’une ville portuaire du nord de l’Espagne, qui passent leurs lundis dehors, faute de travail. Grammaire : avec les jours de la semaine, l’article los indique l’habitude : los lunes = « le lundi », « tous les lundis ».
« Los sábados juego al fútbol. » — « Le samedi, je joue au foot. »
Bienvenido, Mister Marshall
Un classique : un village castillan se déguise en carte postale andalouse pour accueillir des Américains qui doivent apporter l’aide du plan Marshall… On cite encore le titre avec ironie pour parler d’une attente démesurée envers une aide venue d’ailleurs.
¡Hasta la vista, baby!
Le bonus : la réplique la plus connue en espagnol… vient d’un film américain ! Hasta la vista veut dire « au revoir », littéralement « jusqu’à la (prochaine) vue ». Au quotidien, on dit plutôt hasta luego, hasta pronto ou nos vemos.
En résumé
| Expression | Sens | À retenir |
|---|---|---|
| Al borde de un ataque de nervios | Au bord de la crise de nerfs | Expression courante |
| ¡Átame! | Attache-moi ! | Pronom collé à l’impératif |
| Hable con ella | Parlez-lui | Impératif de politesse |
| Volver a + infinitif | Refaire, de nouveau | Répétition |
| Un día de perros | Un temps de chien | Expression courante |
| Quilombo | Bazar, bordel | Argentine, familier |
| Sus ojos | Ses / leurs / vos yeux | Ambiguïté de su |
| Mar adentro | Vers le large | Direction |
| Cutre | Minable, miteux | Espagne, familier |
| Los lunes | Le lundi (habitude) | Article + jour |
Notre conseil : regardez ces films en version originale avec les sous-titres en espagnol, et notez les formules courtes qui reviennent. Un titre bien placé fera toujours sourire un Espagnol.


