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« Coco », un hommage à la tradition mexicaine du Día de los Muertos

Cinéma 7 octobre 2026 par telemartin.tv 4 min de lecture


Sorti au cinéma fin 2017, « Coco », le film des studios Pixar, vous emmène au cœur d’une tradition mexicaine unique : le Día de los Muertos, une fête des défunts célébrée dans la joie. Une explosion de couleurs, de sons et de musique… et une excellente porte d’entrée vers la culture et le vocabulaire du Mexique. Voici l’histoire du film, les origines de la fête et les mots espagnols à connaître pour en profiter pleinement.

Le film en images de synthèse suit Miguel, un jeune Mexicain qui voue une passion pour la musique et souhaite emprunter les pas de son idole

Seulement, dans sa famille, à la suite d’un drame ancien, la musique est interdite. Après une dispute avec sa grand-mère, Miguel s’enfuit et, après une série d’événements étranges, se retrouve dans un monde parallèle : le Pays des Morts (la Tierra de los Muertos). Dans cet univers lumineux, resplendissant de mille couleurs, les défunts ont pris la forme de squelettes et continuent de « vivre » tant que les vivants se souviennent d’eux.

Le récit aborde avec finesse le deuil et la mémoire : un être aimé ne disparaît pas totalement à sa mort, mais lorsque plus personne ne garde son souvenir. En cela, le film est aussi une belle occasion de parler de la mort avec les enfants. Réalisé par Lee Unkrich et coréalisé par Adrian Molina, « Coco » a remporté en 2018 l’Oscar du meilleur film d’animation, ainsi que celui de la meilleure chanson originale pour Remember Me, devenue Recuérdame en espagnol.

Astuce pour apprendre : regardez « Coco » en version espagnole avec les sous-titres en espagnol. Les dialogues sont clairs, le vocabulaire familial revient sans cesse, et vous entendrez de nombreux mots du Mexique : abuelita, chamaco, ándale, órale…

Les origines du Día de los Muertos

Pour saisir les subtilités du film, il faut remonter aux civilisations préhispaniques du Mexique. Les Aztèques (Mexicas) honoraient leurs morts lors de plusieurs fêtes annuelles, notamment pendant l’été. Ces célébrations étaient associées à Mictecacihuatl, la « Dame de la mort », qui selon la mythologie veillait sur les os des défunts dans le Mictlan, le monde des morts.

Avec l’arrivée des Espagnols et l’évangélisation, ces traditions se sont mêlées aux fêtes catholiques de la Toussaint et du jour des défunts. C’est pourquoi le Día de los Muertos se célèbre aujourd’hui surtout les 1er et 2 novembre. Au fil du XXe siècle, la fête est aussi devenue un symbole fort de l’identité nationale mexicaine, mis en avant par les artistes et les institutions.

Autels, calaveras et fleurs orange : les symboles de la fête

L’aspect visuel compte énormément. Les familles préparent chez elles des autels très colorés, les ofrendas, où elles placent les photos des défunts, leurs plats et boissons préférés, des bougies et des fleurs. Les bougies et les pétales doivent aider les morts à retrouver le chemin de leur foyer. Ce que l’on remarque le plus, ce sont les calaveras, des crânes en sucre, en chocolat ou en papier, souvent décorés du prénom d’une personne. Et partout, les fleurs de cempasúchil (on écrit aussi cempaxóchitl), des œillets d’Inde d’un orange très vif : dans le film, leurs pétales forment le pont entre le monde des vivants et celui des morts.

Ces traditions mortuaires populaires d’une grande beauté ont été reconnues en 2003 par l’UNESCO « chef-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité »

Les fêtes indigènes dédiées aux morts ont ensuite été inscrites, en 2008, sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Une reconnaissance qui souligne l’importance de cette fête pour les communautés du Mexique.

MotTraductionCe qu’il faut savoir
La ofrendaL’autel, l’offrandeDressé à la maison pour accueillir les défunts
La calaveraLe crâneEn sucre ou en chocolat ; aussi un petit poème satirique
La CatrinaLa « dame squelette »Personnage élégant inspiré du graveur José Guadalupe Posada
El pan de muertoLe pain des mortsBrioche décorée de « petits os » en pâte
El papel picadoLe papier découpéGuirlandes colorées qui ornent les rues et les autels
El cempasúchilL’œillet d’IndeLa fleur orange emblématique de la fête
El alebrijeCréature fantastique coloréeArtisanat mexicain ; Pepita, dans le film, en est un
El xoloitzcuintleLe chien nu du MexiqueLa race de Dante, le chien de Miguel

La musique, au cœur de la culture mexicaine

La réalisation des studios Pixar rend un bel hommage à cette fête chère aux Mexicains. Choisir un héros guitariste n’a rien d’un hasard : la musique est omniprésente au Mexique, des mariachis aux chansons populaires. Pendant le Día de los Muertos, on en joue dans les maisons, dans les rues et parfois dans les cimetières, car la fête doit rester joyeuse : elle célèbre la vie des disparus autant qu’elle les pleure. « Coco » est une déclaration d’amour à la famille et aux anciens, qui nous transmettent l’envie de créer.

Notre conseil : retenez ces deux expressions pour parler de la fête : poner la ofrenda (dresser l’autel) et recordar a los seres queridos (se souvenir de ses proches disparus). Et si vous voyagez au Mexique fin octobre ou début novembre, les marchés débordent de calaveras et de pan de muerto : une immersion idéale !

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