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Les insultes les plus typiques en Espagne

6 min de lecture


Passez une heure dans un bar espagnol et vous aurez entendu plus de joder et de hostia que de « bonjour ». En Espagne, les gros mots ponctuent la conversation sans forcément viser personne. Les vraies insultes en espagnol d’Espagne, elles, ont leurs nuances, leurs degrés et leurs pièges. Voici notre sélection, avec le sens littéral, le vrai sens, le degré de vulgarité et des exemples entendus de Madrid à Séville.

Avant de lire : cette fiche contient des mots très vulgaires, voire blasphématoires. Le but est de les comprendre quand vous les entendrez (dans la rue, au foot ou dans les séries), pas de les tester sur votre propriétaire. En Espagne, on jure facilement, mais on insulte rarement un inconnu sans conséquences.

Tío, tía : le petit mot avant l’insulte

En Espagne, on interpelle ses amis avec tío et tía (littéralement « oncle » et « tante », en pratique « mec » et « meuf »). Placés devant une insulte, ils en adoucissent souvent le ton : « Tío, eres un capullo » sonne plus comme une taquinerie que comme une déclaration de guerre. Notez aussi le tutoiement avec vosotros au pluriel, typiquement espagnol : « ¡Sois unos gilipollas! », « vous êtes des cons ! ».

Les insultes espagnoles les plus courantes

Gilipollas

Origine discutée ; en pratique, « connard »

L’insulte espagnole par excellence. Un gilipollas est un idiot, un con, et le mot est invariable : on dit un gilipollas comme una gilipollas. Une gilipollez est une ânerie. Typique d’Espagne : en Amérique latine, on le comprend, mais on l’entend surtout dans les films espagnols.

« No seas gilipollas. » — « Fais pas le con. »
« ¡Qué gilipollez! » — « Quelle connerie ! »

Entre amis : oui, pour charrier.

Cabrón

Littéralement : « bouc » ; autrefois, « mari cocu »

« Salaud », « enfoiré ». Mais entre amis, ¡qué cabrón! peut aussi saluer un coup de génie ou une bonne blague, comme « quel enfoiré ! » admiratif. Le dérivé cabronada désigne un sale coup.

« El muy cabrón se fue sin pagar. » — « Ce salaud est parti sans payer. »

Entre amis : oui, sur le bon ton.

Capullo

Littéralement : « bouton de fleur », « cocon » ; en argot, le gland

Un capullo est un crétin, souvent un peu mesquin. Moins fort que gilipollas, il s’emploie volontiers entre amis.

« Tío, eres un capullo, me has asustado. » — « Mec, t’es con, tu m’as fait peur. »

Entre amis : oui.

Hijo de puta

Littéralement : « fils de pute »

Le plus grave des classiques quand il vise quelqu’un. Il peut pourtant devenir admiratif, comme en Argentine : « ¡Qué hijo de puta, qué bien juega! ». Version abrégée et un peu moins agressive : hijoputa.

Entre amis : seulement admiratif.

Mamón

De « mamar » (téter)

En Espagne, un mamón est un salaud, quelqu’un qui joue un sale tour. Attention au faux ami régional : au Mexique, le même mot veut dire « prétentieux ». Version renforcée : mamonazo.

« ¡Qué mamón, se ha comido mi bocadillo! » — « Le salaud, il a mangé mon sandwich ! »

Entre amis : oui, pour un sale coup sans gravité.

Tonto del culo

Littéralement : « idiot du cul »

Le tonto (idiot) puissance dix : un imbécile fini. Le complément del culo ne veut rien dire de précis, il sert juste à renforcer, comme « con comme un balai ».

« ¡Mira por dónde vas, tonto del culo! » — « Regarde où tu vas, espèce d’abruti ! »

Pringado

De « pringar » : se tacher de graisse

Le loser, le pigeon, celui qui se fait toujours avoir ou à qui l’on refile les corvées. Le verbe pringar veut dire, en argot, « se faire avoir » ou « se taper le sale boulot ».

« Siempre me toca pringar a mí. » — « C’est toujours moi qui me tape le sale boulot. »

Entre amis : oui.

Imbécil / cretino

Les transparents

Pas besoin de traduction : imbécil (attention à l’accent sur le é) et cretino sont compris partout. Ils sont moins vulgaires que gilipollas, mais plus froids : on les lâche plutôt dans une vraie dispute.

« ¡Eres un imbécil! » — « T’es un imbécile ! »

Bocazas

De « boca » (la bouche)

La grande gueule, celui qui parle trop ou ne sait pas garder un secret. Une insulte légère, invariable comme gilipollas.

« No se lo digas, que es un bocazas. » — « Ne lui dis pas, c’est une grande gueule. »

Entre amis : oui.

Payaso

Littéralement : « clown »

Celui qui fait le malin, qui n’est pas sérieux ou qui se ridiculise. On l’entend beaucoup au volant et au stade, à l’adresse d’un arbitre ou d’un joueur qui simule.

« ¡Deja de hacer el payaso! » — « Arrête de faire le guignol ! »

Entre amis : oui.

Les jurons espagnols : joder, hostia et compagnie

¡Joder!

Littéralement : « baiser » (vulgaire)

Le juron numéro un d’Espagne, l’équivalent de « putain ! ». Le verbe sert aussi à dire « embêter » : no me jodas signifie « sans blague ! » ou « fiche-moi la paix ».

« ¡Joder, qué frío hace! » — « Putain, qu’est-ce qu’il fait froid ! »

¡Hostia!

Littéralement : « hostie »

Exclamation de surprise ou de douleur. Le mot est caméléon : una hostia, c’est une baffe ; ser la hostia, c’est être génial… ou insupportable ; a toda hostia, à toute vitesse. D’origine religieuse, il peut choquer les croyants.

« Este grupo es la hostia. » — « Ce groupe est génial. »

¡Coño!

Littéralement : le sexe féminin (vulgaire)

Utilisé seul, c’est une exclamation de surprise ou d’énervement. Le dérivé coñazo désigne quelque chose de très ennuyeux : dar el coñazo, c’est « casser les pieds ».

« ¡Qué coñazo de reunión! » — « Quelle réunion barbante ! »

Me cago en…

Littéralement : « je chie sur… »

La formule de juron la plus espagnole, suivie de tout et n’importe quoi. Les versions adoucies sont presque innocentes (me cago en la mar, me cago en diez), d’autres sont très vulgaires (me cago en la puta), et certaines très offensantes : me cago en tus muertos (« … sur tes morts ») vise la famille, et les formules blasphématoires choquent beaucoup de monde.

« ¡Me cago en la leche, he perdido el tren! » — « Bon sang de bonsoir, j’ai raté le train ! »

Vete a la mierda

Littéralement : « va à la merde »

« Va te faire voir ! ». Plus cru : vete a tomar por culo (très vulgaire). Plus court : ¡que te den!. Et pour les âmes sensibles : vete a freír espárragos, « va faire frire des asperges », soit « va te faire cuire un œuf ».

« ¿Sabes qué? ¡Vete a la mierda! » — « Tu sais quoi ? Va te faire voir ! »

D’autres mots à connaître

  • Pijo — Bourge, BCBG. Moqueur.
  • Paleto — Plouc. Méprisant.
  • Cansino — Lourd, pénible. Familier.
  • Cenutrio — Abruti. Familier.
  • Cani / choni — Racaille, beauf. Chargé de préjugés sociaux : à éviter.

Les « insultes » qu’on se lance entre amis

  • Tío / tía — « Mec », « meuf ». Partout et tout le temps.
  • Macho — « Mon vieux », « mec ».
  • Cabronazo — « Sacré enfoiré », admiratif entre potes.
  • Capullo — Pour taquiner un ami qui vous a fait une blague.

En résumé

ExpressionSensVulgaritéEntre amis ?
Tío / tíaMec / meufFamilierOui
PringadoLoser, pigeonFamilierOui
CapulloCrétinVulgaireOui
GilipollasCon, connardVulgairePour charrier
CabrónSalaudVulgaireOui, sur le bon ton
¡Joder! / ¡Hostia!Putain !VulgaireJurons
Me cago en…Juron (je chie sur…)Vulgaire à très vulgaireSelon la suite
Hijo de putaFils de puteTrès vulgaireSeulement admiratif

Notre conseil : un ¡joder! bien placé vous fera passer pour un local, mais réservez les insultes à vos amis espagnols qui vous les ont déjà servies. Et n’oubliez pas qu’en Amérique latine, une partie de ce vocabulaire sonne très « espagnol d’Espagne ». Testez-vous ensuite avec le quiz Espagne.

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