Aller au contenu

Les insultes les plus typiques en Colombie

6 min de lecture · Mis à jour le


Vous avez entendu malparido ou gonorrea dans Narcos et vous cherchez la traduction ? Vous êtes au bon endroit. Les Colombiens ont la réputation de parler un espagnol doux et poli… jusqu’à ce qu’ils s’énervent. Voici les insultes colombiennes les plus courantes, avec leur sens littéral, leur vrai sens, leur degré de vulgarité et des exemples, de Medellín à la côte caraïbe.

Avant de lire : cette fiche contient des mots très vulgaires, et certains sont méprisants ou homophobes à l’origine. Le but est de les comprendre (dans la rue, dans les séries ou dans le reggaeton), pas de les tester sur votre chauffeur de taxi. En Colombie, une insulte mal placée peut très mal finir.

Paisa, rolo, costeño : un pays, plusieurs styles

La Colombie ne jure pas d’une seule voix. Les paisas (région de Medellín) ont le vocabulaire le plus fleuri, nourri du parlache, l’argot des quartiers populaires de Medellín. Les rolos (Bogotá) sont réputés plus formels. Et les costeños de la côte caraïbe ont leurs propres jurons, comme ¡nojoda!. Autre surprise : beaucoup de Colombiens vouvoient (usted) même leurs amis, donc les insultes se disent souvent… au vouvoiement : « ¡No sea sapo! ».

Les insultes colombiennes les plus courantes

Malparido

Littéralement : « mal né », « mal accouché »

La traduction de malparido la plus juste est « fils de pute » ou « enfoiré » : l’idée est que la personne n’aurait jamais dû naître. C’est l’une des insultes colombiennes les plus fortes, très associée à Medellín et popularisée dans le monde entier par Narcos. Au féminin : malparida.

« Ese malparido me robó el celular. » — « Cet enfoiré m’a volé mon portable. »

Entre amis : très rarement, entre intimes, sur le ton de la blague.

Gonorrea

Littéralement : « blennorragie »

Oui, la maladie. À Medellín, traiter quelqu’un de gonorrea, c’est le traiter d’ordure, de déchet humain. Le mot sert aussi d’exclamation de dégoût : ¡qué gonorrea!, « quelle horreur ! ». Et, comble du paradoxe, certains jeunes paisas l’utilisent entre eux comme « mec ».

« ¡Qué gonorrea de comida! » — « Cette bouffe est immonde ! »

Entre amis : chez certains jeunes paisas, mais à éviter.

Hijueputa

Contraction de « hijo de puta »

Le « fils de pute » colombien, avalé en un seul mot (parfois réduit à jueputa). C’est une insulte grave, mais aussi le juron le plus courant du pays : on le lâche quand on se cogne, quand on est surpris, et même pour s’émerveiller. Version adoucie : hijuemadre.

« ¡Hijueputa, qué golazo! » — « Putain, quel but ! »

Entre amis : comme juron, oui.

Güevón (huevón)

De « huevos » (les couilles)

Un idiot, un abruti. Comme boludo en Argentine, il sert aussi de « mec » entre copains. La güevonada, c’est la bêtise. On l’écrit souvent güevón en Colombie, pour coller à la prononciation.

« No sea güevón, eso es una trampa. » — « Sois pas idiot, c’est un piège. »

Entre amis : oui.

Marica

À l’origine : insulte homophobe (« pédé »)

Le mot le plus déroutant de Colombie. À l’origine homophobe, il est devenu, entre jeunes, un tic de langage équivalent à « mec » ou « meuf », utilisé par tout le monde : « Marica, ¿sí viste eso? ». Mais il reste une insulte homophobe dans un autre contexte, et un étranger qui l’emploie risque de choquer.

« ¡Marica, qué pena! » — « La honte, mec ! »

Entre amis : très courant, mais laissez-le aux Colombiens.

Sapo

Littéralement : « crapaud »

Le sapo, c’est la balance, le mouchard. Par extension, celui qui se mêle de ce qui ne le regarde pas. Dans un pays marqué par le narcotrafic, l’insulte a longtemps été prise très au sérieux.

« No sea sapo, eso no es asunto suyo. » — « Mêle-toi de tes affaires. »

Entre amis : oui, pour un curieux.

Lambón

De « lamber » (lécher)

Le lèche-bottes, le fayot qui flatte le chef ou le professeur. Une insulte légère, très colombienne.

« Ese lambón siempre le lleva café al jefe. » — « Ce fayot apporte toujours un café au chef. »

Entre amis : oui.

Carechimba

De « cara de chimba » ; « chimba » : sexe féminin (vulgaire)

Une insulte bien vulgaire, du type « face de… », adressée à quelqu’un qu’on trouve méprisable. Très entendue à Medellín et dans les séries qui s’y déroulent.

Entre amis : non.

¡Qué chimba!

Le même mot… en positif

Voici le piège : chimba, mot vulgaire à l’origine, est devenu en Colombie le compliment le plus courant chez les jeunes. ¡Qué chimba! veut dire « trop bien ! ». En revanche, l’adjectif chimbo signifie « nul », « de mauvaise qualité » ou « faux » (un billete chimbo, un faux billet).

« ¡Qué chimba de concierto! » — « Il était génial, ce concert ! »

Entre amis : oui, mais pas devant la grand-mère.

Pirobo

Origine discutée

Une insulte typique de Medellín et du parlache, qu’on peut traduire par « connard » ou « petit con ». Son origine fait débat ; retenez surtout qu’elle est agressive.

« ¡Quítese de ahí, pirobo! » — « Pousse-toi de là, connard ! »

Gamín

Emprunté au français « gamin »

En Colombie, un gamín désignait l’enfant des rues. Comme insulte, il veut dire « voyou », « mal élevé ». Le mot porte un mépris social : à éviter.

« No sea gamín, salude. » — « Sois pas malpoli, dis bonjour. »

Ñero

Abréviation de « compañero »

À Bogotá surtout, un ñero est un voyou, quelqu’un de « mal dégrossi ». Méprisant et chargé de préjugés sociaux. Curieusement, à Medellín, le dérivé nea s’emploie entre potes comme « mec ».

Guiso

Littéralement : « ragoût »

Ce qui est guiso (ou guisado) est vulgaire, de mauvais goût, voire beauf. Un adjectif moqueur, lui aussi teinté de mépris de classe.

« Esa camisa está muy guisa. » — « Cette chemise est vraiment beauf. »

Lagarto

Littéralement : « lézard »

L’opportuniste qui se colle aux puissants pour obtenir un poste ou une faveur, ou qui s’incruste partout. Le verbe : lagartear.

« Está lagarteando un puesto en la alcaldía. » — « Il fait de la lèche pour obtenir un poste à la mairie. »

¡Nojoda!

De « no joda » : « ne fais pas ch… »

L’exclamation emblématique de la côte caraïbe (Barranquilla, Carthagène). Elle exprime la surprise, l’agacement ou l’enthousiasme, un peu comme « ça alors ! » ou « bon sang ! ».

« ¡Nojoda, qué calor! » — « Bon sang, quelle chaleur ! »

Entre amis : oui.

Les « insultes » qu’on se lance entre amis

  • Parce / parcero — « Pote », le mot paisa le plus célèbre. Aucun risque.
  • Güevón — « Mec », sur le bon ton.
  • Marica — « Mec / meuf » chez les jeunes, mais homophobe à l’origine.
  • ¡Qué boleta! — « La honte ! », « c’est ringard ». Moqueur, sans plus.
  • Chichipato — Radin, minable. Moqueur.

En résumé

ExpressionSensVulgaritéEntre amis ?
ParcePoteFamilierOui
SapoBalance, fouineurFamilierOui
LambónLèche-bottesFamilierOui
GüevónIdiot / mecVulgaireOui
¡Qué chimba!Trop bien !Vulgaire à l’origineOui
PiroboConnardVulgaireNon
HijueputaFils de pute / putain !Très vulgaireComme juron
GonorreaOrdureTrès vulgaireÀ éviter
MalparidoEnfoiré, fils de puteTrès vulgaireTrès rarement

Notre conseil : en Colombie, la politesse est une valeur sûre. Contentez-vous de parce et de ¡qué chimba!, et gardez malparido et gonorrea pour comprendre Narcos sans sous-titres. Pour vérifier vos acquis, faites le quiz Colombie ou celui de Medellín.

Pour aller plus loin

Catégories & étiquettes liées à cette fiche

Expressions et argotTous les cours d'espagnol

Les vidéos à voir aussi

Newsletter

Abonnez-vous à la newsletter

Les nouvelles vidéos, expressions et articles de telemartin.tv, directement dans votre boîte mail.

YouTube

Retrouvez aussi mes vidéos sur la chaîne telemartin.tv

Voir la chaîne →
Contact