Dans cette vidéo, je vous emmène à Séville, la capitale de l’Andalousie. Je suis allé à la rencontre des habitants, un peu locos aussi, pour leur demander de m’éclairer sur leur façon de parler. Car même si la lumière brille fort à Séville, je ne comprends pas toutes leurs expressions ! Voici les dix expressions de la vidéo, expliquées et traduites.
Il existe des centaines d’expressions espagnoles vraiment typiques qu’on entend uniquement à Séville
Rassurez-vous : les Andalous de Grenade ou de Cordoue sont parfois aussi perdus que nous, Français, lorsqu’ils écoutent certains Sévillans ! À Séville, peut-être plus qu’ailleurs en Espagne, les habitants ont un vocabulaire et des tournures bien à eux, souvent pleins d’humour, que vous ne trouverez dans aucun manuel. Et si vous voulez d’abord réviser les bases, voici nos expressions espagnoles typiques et incontournables.

Quelques informations intéressantes
Séville est la capitale de la province de Séville et de la communauté autonome d’Andalousie. C’est la 4e ville d’Espagne, avec près de 700 000 habitants, après Madrid, Barcelone et Valence. Traversée par le Guadalquivir, au centre d’une riche région agricole, elle est le cœur économique, politique et culturel de l’Andalousie. Sa cathédrale et sa célèbre tour, la Giralda, l’Alcázar et les Archives des Indes sont inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco. Bref, c’est une ville superbe, que je vous recommande de visiter dès que possible.
Les expressions qu’on retrouve dans ma vidéo
Estar engollipao (de tanto comer…)
Avoir trop mangé au point d’avoir du mal à avaler, se sentir « gavé ». Remarquez le -ao final : en Andalousie, le d de -ado disparaît presque toujours.
« Estoy engollipao de tanto comer. » — « J’ai tellement mangé que je n’en peux plus. »
¡Qué coraje me dio (perder el tren)!
Piège pour les francophones : en Andalousie, coraje ne veut pas dire « courage » mais « rage », « agacement ». Dar coraje, c’est « mettre en rogne ».
« ¡Qué coraje me dio perder el tren! » — « Qu’est-ce que ça m’a énervé de rater le train ! »
Qué camarero más saborío…
Un saborío est une personne fade, peu aimable, sans aucune grâce. L’équivalent de notre « aimable comme une porte de prison ».
« Qué camarero más saborío… » — « Il n’est vraiment pas aimable, ce serveur… »
¡Viva er Beti manque pierda!
« Vive le Betis, même s’il perd ! » C’est la devise des supporters du Real Betis, l’un des deux grands clubs de Séville avec le Sevilla FC. Elle résume l’amour inconditionnel des béticos pour leur équipe. Notez la prononciation andalouse : er pour el, et manque au sens de « même si ».

No te digo ná y te lo digo tó…
« Je ne te dis rien, et je te dis tout… » : on sous-entend quelque chose sans le dire clairement, avec un regard appuyé. L’équivalent de « je dis ça, je dis rien ». Remarquez ná et tó, typiques de l’oral andalou.
Tener más peligro que una piraña en un bidé
Pour parler de quelqu’un dont il faut se méfier, ou d’un enfant qui fait bêtise sur bêtise. L’image parle d’elle-même !
« Tu sobrino tiene más peligro que una piraña en un bidé. » — « Ton neveu, c’est une vraie catastrophe ambulante. »
Moverse menos que los ojos de Espinete
Espinete était le hérisson rose de Barrio Sésamo, la version espagnole de « 1, rue Sésame », dont les yeux de marionnette restaient désespérément fixes. On utilise l’expression, connue dans toute l’Espagne, pour quelqu’un de très peu actif.
« Mi compañero de piso se mueve menos que los ojos de Espinete. » — « Mon colocataire ne bouge pas de son canapé. »
¿Qué pasa, miarma?
Le mot le plus sévillan qui soit ! Miarma s’emploie pour s’adresser affectueusement à quelqu’un, un peu comme « mon chou » ou « mon pote ».
« ¿Qué pasa, miarma? ¿Cómo estás? » — « Salut mon chou, comment ça va ? »
Ser más seco que la mojama
La mojama est une spécialité andalouse très sèche. L’expression désigne une personne très maigre ou, plus souvent, quelqu’un de froid et peu bavard, qui répond sèchement.
« Su padre es más seco que la mojama. » — « Son père est d’une froideur… »

Le petit vocabulaire sévillan
| À Séville | Espagnol standard | Français |
|---|---|---|
| miarma | mi alma, cariño | mon chou |
| illo, quillo | chiquillo, tío | mec, mon pote |
| coraje | rabia | la rage, l’agacement |
| saborío | soso, antipático | fade, pas aimable |
| manque | aunque | même si |
| ná / tó | nada / todo | rien / tout |
| er | el | le |
Se rendre à Séville facilement !
Personnellement, la première fois que je suis allé à Séville, j’y suis allé en bus : résultat, une trentaine d’heures de trajet ! Le plus simple est bien entendu de prendre l’avion : Séville possède un aéroport international, et plusieurs compagnies proposent des vols depuis la France (voir notre article sur les vols entre la France et l’Espagne). Si vous passez par Madrid, le train à grande vitesse (el AVE) relie les deux villes en deux heures et demie environ. Pensez à vérifier les horaires et les tarifs au moment de réserver.

Notre conseil : à Séville, ne cherchez pas à tout comprendre dès le premier jour. Commencez par repérer les miarma, illo et les ná, puis lancez-vous : un petit ¿qué pasa, miarma? bien placé vous vaudra à coup sûr un grand sourire.
Pour aller plus loin
- Vidéo : 10 expressions typiques andalouses
- Vidéo : zoom sur l’accent espagnol en Andalousie
- La Semaine sainte à Séville : rencontre avec des capillitas
- Vidéo : les faux amis espagnols les plus typiques
- Quiz : êtes-vous prêt pour Séville ?
- La météo à Séville
- Le vocabulaire du tapeo à Séville : comment manger des tapas comme un Sévillan


