Dans cet épisode, Martin part à la rencontre des habitants de Barcelone pour vérifier s’ils connaissent les citations les plus célèbres du football. Maradona, Platini, Mourinho, Borges… Certaines phrases sont devenues de véritables proverbes en espagnol. Voici notre sélection, avec la traduction, le contexte et le vocabulaire à retenir pour parler foot comme un vrai aficionado.
Maradona, Guardiola, Platini… j’ai sélectionné les phrases vraiment clés du football !
En Espagne, le football est bien plus qu’un sport : c’est un sujet de conversation quotidien, au bar, au bureau ou en famille. Le Real Madrid est le club le plus titré de l’histoire de la Ligue des champions, et il détient aussi le record de titres en championnat d’Espagne (LaLiga, ou Primera División), devant le FC Barcelone. Quant à la sélection nationale, la Roja, elle est devenue championne du monde pour la première fois en 2010, en Afrique du Sud, entre deux titres de championne d’Europe (2008 et 2012), et a de nouveau remporté l’Euro en 2024.
Pas étonnant, donc, que certaines phrases de joueurs, d’entraîneurs ou d’écrivains soient passées dans la langue courante. Voici ma sélection de phrases cultes, espagnoles ou non, toutes très connues dans le monde hispanophone.
Les phrases cultes, traduites et expliquées
« Me gustaría jugar en un equipo italiano. Como el Barcelona. »
Une perle de footballeur, généralement prêtée à un joueur anglais des années 1990, qui circule depuis dans toutes les compilations de bourdes. Elle fait toujours rire les Catalans… Côté vocabulaire, retenez le conditionnel de politesse me gustaría (« j’aimerais »), indispensable dans la vie de tous les jours.
« Yo no la toqué, fue la mano de Dios. »
Le 22 juin 1986, en quart de finale de la Coupe du monde au Mexique, Maradona marque contre l’Angleterre… de la main. Interrogé après le match, il parle d’un but marqué « un peu avec la tête de Maradona et un peu avec la main de Dieu ». La formule la mano de Dios est devenue une expression à part entière pour désigner une tricherie ou un coup de chance inespéré.
« El fútbol es la única religión que no tiene ateos. »
L’écrivain uruguayen Eduardo Galeano a consacré un livre entier au ballon rond, El fútbol a sol y sombra. Cette phrase, qu’on lui attribue souvent, résume parfaitement la ferveur des stades d’Amérique latine et d’Espagne.
« Ganar es mejor que empatar. Y empatar es mejor que perder. »
Une évidence digne de M. de La Palice, que les commentateurs ressortent avec gourmandise. Elle est surtout très utile pour apprendre trois verbes clés : ganar (gagner), empatar (faire match nul) et perder (perdre). Un match nul se dit un empate.
« Lo que Zidane hace con una pelota, Maradona lo hace con una naranja. »
Version complète : « Nadie duda que Zidane es un jugador tremendo, pero… » (« Personne ne doute que Zidane soit un joueur formidable, mais… »). Un hommage de Platini à la virtuosité de Maradona. Notez tremendo, qui ne veut pas dire « tremblant » mais « énorme, formidable ».
« Correré como un negro para vivir como un blanco. »
Une phrase amère prononcée par l’attaquant camerounais à son arrivée dans le football espagnol, pour dénoncer les inégalités et le racisme dont il était la cible. Elle n’a rien d’une plaisanterie : elle est restée célèbre justement parce qu’elle mettait le doigt sur un vrai problème.
« Soy el primer, el segundo y el tercer mejor jugador del mundo. »
L’art de la modestie, version footballeur. Remarquez l’apocope : devant un nom masculin singulier, primero devient primer et tercero devient tercer (el primer día, el tercer piso).
« Es más fácil cambiar de mujer que de equipo de fútbol. »
Dans la citation d’origine : « Se dice que… y es cierto » (« On dit que… et c’est vrai »). L’attachement à son club, ça ne se négocie pas ! En espagnol, on dit d’ailleurs ser del Betis, ser del Atleti : « être (supporter) du Betis, de l’Atlético ».
« De todas las cosas sin importancia, el fútbol es, de largo, la más importante. »
Une phrase prêtée à plusieurs personnalités du football, notamment à l’Argentin Jorge Valdano. Attention au faux ami : de largo signifie « de loin », et non « de long ».
« El fútbol es popular porque la estupidez es popular. »
Le grand écrivain argentin détestait le football, et il ne s’en cachait pas. Une phrase à garder sous le coude pour taquiner vos amis supporters. Attention : la estupidez se traduit plutôt par « la bêtise » que par « la stupidité ».
« Yo soy entrenador, no soy Harry Potter. »
L’entraîneur portugais, passé notamment par le Real Madrid, est connu pour ses répliques cinglantes en conférence de presse. Le message : n’attendez pas de miracles ! Retenez el entrenador (l’entraîneur) et el banquillo (le banc de touche).

Le vocabulaire du foot en espagnol
| Espagnol | Français | Exemple |
|---|---|---|
| el partido | le match | ¿Vemos el partido esta noche? |
| el gol / marcar un gol | le but / marquer un but | Marcó un golazo. |
| empatar / el empate | faire match nul / le match nul | Empataron a uno. |
| el portero | le gardien de but | El portero lo paró todo. |
| el árbitro | l’arbitre | El árbitro pitó penalti. |
| la afición | les supporters | La afición cantó todo el partido. |
| la remontada | le retour au score | ¡Qué remontada! |
Quelques expressions venues du foot
- Jugar en casa — Jouer à domicile, et au figuré être sur son terrain, à l’aise : « En la cocina, juego en casa. »
- Meter un gol a alguien — Rouler quelqu’un, le tromper : « Te han metido un gol con ese coche. »
- Pasar la pelota — Se renvoyer la balle, rejeter la responsabilité sur un autre.
- Estar en fuera de juego — Être hors jeu, à côté de la plaque, pas au courant.
- Sacar tarjeta roja — Mettre un carton rouge, au sens propre comme au figuré.
Notre conseil : pour progresser à l’oral, regardez un match en espagnol avec les commentaires d’une radio ou d’une chaîne hispanophone. Le rythme est rapide, mais les mêmes mots reviennent sans cesse : en quelques matchs, golazo, penalti et fuera de juego n’auront plus de secret pour vous !


