Danses et musiques du Salvador : xuc, cumbia salvadorienne, chanchona…
Le Salvador danse au son de ses orchestres : le xuc, rythme né à Cojutepeque dans les années 1940, la cumbia locale qui fait chanter tout le pays et la chanchona des campagnes de l'Est. Voici les musiques à reconnaître dès votre arrivée à San Salvador, avec les mots espagnols qui vont avec.
Xuc
Danse et musique📍 Cojutepeque (Cuscatlán)
Le xuc est le rythme emblématique du Salvador. Il a été créé en 1942 à Cojutepeque par le compositeur Francisco « Paquito » Palaviccini, dont le premier morceau, « Adentro Cojutepeque », saluait les fêtes de la canne à sucre. Son nom vient du juco, un instrument à vent local qui fait « xuc, xuc ». Mêlant racines indigènes, africaines, espagnoles et cubaines, il se joue à deux temps avec saxophone, clarinette, trombone et tambour. La danse est apparue en 1958 au carnaval de San Miguel : pas talon-pointe-talon, petits sauts, pieds croisés, les femmes font tourner leur jupe tandis que les hommes dansent les mains dans les poches. Les couples forment ensuite des rondes, bras tendus, en se taquinant.
Où le voir : Au Carnaval de San Miguel, fin novembre, quand les orchestres jouent dans les rues en hommage à la Virgen de la Paz.
🎧 À écouter
El xuc — Orquesta Internacional Polío (dir. Paquito Palaviccini)
Proche de la cumbia colombienne mais avec son caractère propre, la cumbia salvadorienne est l'un des genres tropicaux les plus populaires du pays : un rythme posé, joyeux, parfait pour danser en couple. Ses grands classiques sont devenus de véritables chants patriotiques. « Mi país » et « Salvadoreñas » de l'Orquesta Hermanos Flores, « Soy salvadoreño » de l'Orquesta San Vicente, et surtout « El carbonero », composé par Pancho Lara et rendu célèbre à l'international par la version cumbia des Hermanos Flores, résonnent dans les écoles, les actes officiels et les défilés. Pour la diaspora salvadorienne, ces morceaux sont chargés d'émotion et de nostalgie. Si une fête démarre, attendez-vous à voir toute la salle chanter le refrain.
Où le voir : Pendant les défilés des Fiestas Patrias, en septembre, où ces cumbias sont des incontournables.
Genre musical📍 Est du pays (Morazán, La Unión, San Miguel)
Dans l'est rural du Salvador, au-delà du fleuve Lempa, la fête a un nom amusant : la chanchona, littéralement « la grosse truie ». C'est le surnom donné, vers 1960, à la contrebasse artisanale qui porte ces orchestres, accompagnée de deux violons, de guitares et de percussions, aujourd'hui souvent des congas et une cloche. Ses racines remontent sans doute au début du XXe siècle et elle a adopté le pas à deux temps de la cumbia diffusée par la radio. Souvent familiaux, les groupes se transmettent le répertoire sur plusieurs générations. On raconte que pendant la guerre civile, ses bals rapprochaient même des camps opposés. La diaspora l'a emportée jusqu'à la région de Washington, aux États-Unis.
Où le voir : Dans les départements de Morazán, La Unión et San Miguel, lors des défilés civiques et des fêtes religieuses.