Danses et musiques du Guatemala : marimba, son chapín, Rabinal Achí…
Au Guatemala, la marimba résonne partout, de la capitale à Quetzaltenango, mais le pays danse aussi sur des traditions mayas millénaires et sur les rythmes garífunas de la côte caraïbe. Voici les musiques et danses essentielles, avec le vocabulaire espagnol pour en profiter sur place.
Marimba
Genre musical📍 Tout le pays
Instrument national depuis 1978 et symbole patriotique depuis 1999, la marimba est la voix du Guatemala. Sa forme originelle, la marimba de tecomates, utilise des calebasses comme résonateurs ; son origine africaine est souvent avancée, mais discutée. En 1894, Sebastián Hurtado conçoit la marimba doble, qui ajoute les demi-tons et ouvre la porte à tous les répertoires. Les grandes marimbas se jouent à plusieurs musiciens sur un même clavier, en bois de hormigo, de palo blanco ou de cèdre. Son répertoire compte des sones, des pièces descriptives comme « El ferrocarril de los Altos » et des valses comme « Luna de Xelajú » de Paco Pérez (1944), devenue partie intégrante de l'identité guatémaltèque.
Où le voir : Le 20 février, Journée nationale de la marimba, et en septembre, quand le ministère de la Culture organise concerts et concours, sont les meilleurs moments pour l'écouter.
Considéré comme la danse nationale, le son guatemalteco, ou son chapín, trahit ses racines espagnoles dans le zapateado, ces frappes de pieds proches du flamenco. Il est joué par la marimba, par des ensembles de zarabanda ou par des guitares, et parfois chanté par des duos, trios ou quatuors de voix masculines. Sa mesure est un 6/8 modéré à rapide, avec quelques hémioles, et chaque son enchaîne deux ou trois mélodies apparentées. Le couple danse sans se toucher. Chaque région a ses variantes, en 3/4 ou en 2/4, comme le son barreño de San Marcos, au pouls régulier et un peu plus rapide.
Danse et musique📍 Rabinal (Baja Verapaz)Patrimoine UNESCO · 2008
Le Rabinal Achí, aussi appelé Xajoj Tun, « danse du tambour », est un drame dansé maya en langue achí. En quatre actes, il raconte la capture d'un guerrier k'iche' par un guerrier de Rabinal, son interrogatoire devant le seigneur Ojob' Toj, puis ses trois dernières danses avant son exécution. Masques, costumes, trompettes et percussions accompagnent la représentation. Le texte a été noté pour la première fois en 1855 par l'abbé français Brasseur de Bourbourg, qui en a aussi donné la première traduction, en français. Proclamé chef-d'œuvre du patrimoine oral et immatériel par l'UNESCO en 2005, il figure sur la Liste représentative depuis 2008.
Où le voir : Il est représenté chaque année dans la communauté de Rabinal, en Baja Verapaz.
Danse et musique📍 Livingston (Izabal, côte caraïbe)Patrimoine UNESCO · 2008
À Livingston, à l'embouchure du Río Dulce, vit la communauté garífuna, dont les ancêtres venus de l'île de Saint-Vincent ont rejoint le Guatemala en passant par le Honduras. Sa langue, sa danse et sa musique, partagées avec le Belize, le Honduras et le Nicaragua, ont été proclamées par l'UNESCO en 2001 puis inscrites sur la Liste représentative en 2008. La punta, rythme garífuna par excellence, garde un public fidèle, tandis que la parranda, où domine la guitare, décline. Tambours (garawon) et maracas (sisiras) accompagnent chants de fête, berceuses et chants de travail. De jeunes artistes mêlent aujourd'hui paroles garífunas, trap et afrobeat.
Où le voir : Le 26 novembre, Día Nacional del Pueblo Garífuna, Livingston rejoue l'arrivée des premiers Garífunas (Yurumein) avec danses, chants et tambours.