Danses et musiques de République dominicaine : merengue, bachata…
En République dominicaine, la musique ne s'arrête jamais : le merengue et la bachata, tous deux inscrits au patrimoine immatériel de l'UNESCO, s'échappent des voitures, des bars et des salons. Voici les danses et musiques à connaître, de Saint-Domingue à Santiago de los Caballeros et Punta Cana, avec leur vocabulaire espagnol.
Merengue
Danse et musique📍 Cibao (Santiago), puis tout le paysPatrimoine UNESCO · 2016
Le merengue est né au milieu du XIXe siècle dans le Cibao, la vallée du nord autour de Santiago, avant de conquérir tout le pays. Ses trois instruments emblématiques résument l'histoire de l'île : l'accordéon européen, arrivé dans les années 1880, la güira d'origine taïno et la tambora, un tambour à deux peaux d'héritage africain. Le dictateur Rafael Trujillo (1930-1961) en a fait la musique nationale, et « Compadre Pedro Juan » de Luis Alberti l'a imposé dans tous les milieux en 1936. Johnny Ventura l'a modernisé dans les années 1960, Wilfrido Vargas y a ajouté des sons électroniques, puis Juan Luis Guerra l'a fait connaître dans le monde entier. On le danse en couple, sur un rythme rapide et joyeux.
Danse et musique📍 Campagnes dominicaines, puis tout le paysPatrimoine UNESCO · 2019
À l'origine, le mot bachata désignait une fête informelle à la campagne. Le genre, longtemps appelé amargue, « musique de l'amertume », chante les chagrins d'amour sur fond de guitare. Le premier enregistrement de bachata est attribué à José Manuel Calderón, avec « Borracho de amor », en 1962. Pendant des décennies, la classe moyenne et aisée l'associe à la pauvreté et la juge trop vulgaire pour la radio et la télévision. Tout change à partir de la fin des années 1980 : Blas Durán introduit la guitare électrique en 1987, puis l'album Bachata Rosa de Juan Luis Guerra (1992) lui offre une reconnaissance internationale. Aventura, mené par Romeo Santos, l'emmène ensuite vers des sons urbains. Aujourd'hui, requinto, basse, bongos et güira sont de rigueur.
Le perico ripiao, ou merengue típico, est la forme la plus ancienne du merengue encore jouée. Il est né vers les années 1850 à Navarrete, près de Santiago, d'où son autre nom de merengue cibaeño. Son surnom, « perroquet déchiré », viendrait d'une maison close de Santiago où l'on jouait cette musique. La formation d'origine réunissait güira, tambora et un instrument à cordes, avant que l'accordéon, apporté par des marchands allemands dans les années 1880, ne prenne la vedette. Le saxophone, la basse électrique et les congas sont arrivés après l'ère Trujillo. Ñico Lora, natif de Navarrete, a fixé le style, Tatico Henríquez l'a rendu plus rapide et virtuose, et Agapito Pascual a lancé le merengue con mambo en 1987.
Danse et musique📍 San Pedro de MacorísPatrimoine UNESCO · 2008
À San Pedro de Macorís, sur la côte sud-est, les Guloyas perpétuent le théâtre dansé des Cocolos, descendants des travailleurs venus des Caraïbes britanniques au milieu du XIXe siècle pour couper la canne à sucre. Leur spectacle mêle danse, théâtre et musique, jouée au sifflet, à la flûte, aux clochettes et au tambour. Chaque danse s'ouvre sur un cri en anglais, « Ey you! », lu comme un appel à la liberté. Les danseurs portent des costumes très colorés et de hauts chapeaux ornés de longues plumes de paon. La troupe compte un peu plus de cinquante membres, des anciens aux enfants. Proclamée chef-d'œuvre du patrimoine oral par l'UNESCO en 2005, cette tradition a été inscrite sur la Liste représentative en 2008.
Où le voir : Dans les rues historiques de San Pedro de Macorís, le 25 décembre, le 1er janvier et le 6 janvier (jour des Rois).