Danses et musiques du Venezuela : joropo, gaita zuliana, tambores…
Harpe et cuatro dans les Llanos, gaita de Noël à Maracaibo, tambours afro-vénézuéliens sur la côte : le Venezuela vit en musique toute l'année. Voici ses rythmes emblématiques, des scènes de Caracas aux fêtes de village, avec le vocabulaire espagnol pour les comprendre.
Joropo
Danse et musique📍 Llanos et tout le paysPatrimoine UNESCO · 2025
Le joropo est la grande fête musicale du Venezuela : musique, poésie, chant et danse nés de la rencontre des cultures autochtones, africaines et européennes. Harpe, cuatro et maracas en sont le cœur, parfois rejoints par le violon ou l'accordéon. Le couple démarre en position de valse, à distance réglée, puis enchaîne des pas codifiés. On distingue des variantes dans six grandes régions, des Llanos à l'Orient en passant par les Andes et la Guyane. Son hymne officieux est « Alma llanera », de Pedro Elías Gutiérrez, créé au Teatro Caracas en 1914 et souvent appelé le second hymne national. Les fêtes de joropo peuvent durer plusieurs jours. L'UNESCO l'a inscrit en 2025.
🎧 À écouter
Alma llanera — Pedro Elías Gutiérrez (compositeur)
el cuatro le cuatro, petite guitare à quatre cordes
el arpa llanera la harpe des Llanos
el llanero l'habitant des Llanos
Gaita zuliana
Genre musical📍 Maracaibo (État de Zulia)
Impossible d'imaginer Noël au Venezuela sans gaita. Née à Maracaibo, cette musique mêle héritages espagnol, africain et autochtone autour du furro, de la charrasca, de la tambora, du cuatro et des maracas, avec des refrains repris en chœur. Ses textes sont religieux, costumbristas ou contestataires : à la fin du XIXe siècle, les autorités de Maracaibo punissaient même de prison les gaitas de protestation chantées la nuit. Son lien le plus fort est avec la Vierge de Chiquinquirá, « la Chinita », et le quartier du Saladillo. Ricardo Aguirre, surnommé « el Monumental », a enregistré en 1968 « La grey zuliana », que certains considèrent comme l'hymne des gaiteros.
Où le voir : Dans la nuit du 17 au 18 novembre, les « amaneceres gaiteros » de la Feria de la Chinita font chanter Maracaibo jusqu'à l'aube.
Danse et musique📍 Côte centrale (Miranda, Aragua, Carabobo…)Patrimoine UNESCO · 2021
Chaque fin juin, les tambours résonnent sur la côte centrale du Venezuela en l'honneur de saint Jean-Baptiste. Célébrée depuis environ trois siècles, cette fête est portée par les communautés afro-vénézuéliennes, héritières des esclaves, et organisée par des confréries de sanjuaneros. Chants, danses et percussions envahissent alors les États d'Aragua, Carabobo, Miranda, Yaracuy, La Guaira et Caracas. La région de Barlovento, à l'est de la capitale, est le berceau de ces tambours, parmi lesquels le culo e' puya et le cumaco. Aujourd'hui, groupes et artistes comme Betsayda Machado et la Parranda El Clavo font voyager ces rythmes. L'UNESCO a inscrit ce cycle festif en 2021.
Où le voir : Les 23 et 24 juin sont les jours forts de la fête, dans les États de la côte centrale et à Caracas.