Musique du Salvador : les artistes, de Paquito Palaviccini à Pescozada
Du « roi du xuc » Paquito Palaviccini aux rappeurs de Pescozada, le Salvador a une scène musicale plus riche qu'on ne le croit. Voici cinq artistes, légendes et voix actuelles, pour entendre l'espagnol salvadorien chanté, de la ballade romantique à la cumbia qui a conquis Coachella.
Paquito Palaviccini
🎵 Xuc, musique populaire1912-1996📍 Santa Ana
Francisco « Paquito » Palaviccini est né à Santa Ana en 1912 et mort à San Salvador en 1996. Violoniste formé par son père, il étudie au Conservatoire national, puis au Guatemala et à La Havane. On le surnomme le « roi du xuc », un rythme dansant salvadorien, grâce à des morceaux comme « El xuc » et « Adentro Cojutepeque ». Dans les années 1940, il part en tournée avec la revue musicale du Cubain Ernesto Lecuona, puis fonde l'orchestre Los Palaviccini en 1960. En 1992, l'Assemblée législative le déclare « fils très méritant » du Salvador.
L'espagnol qu'on y entend : Des titres courts et ancrés dans la géographie du pays (Cojutepeque, Usulután, Santa Ana) : une porte d'entrée culturelle idéale pour le niveau débutant.
el violín le violon
la orquesta l'orchestre
el pueblo le village, la petite ville
Álvaro Torres
🎵 Ballade romantiquené en 1954📍 Concepción Batres (Usulután)
Né le 9 avril 1954 à Concepción Batres, dans le département d'Usulután, Álvaro Torres écrit sa première chanson, « Dulce amiga », à 12 ans. Installé au Guatemala, il publie son premier album, Algo especial, en 1976. Entre 1988 et 1998, il place une vingtaine de titres au classement Hot Latin Songs de Billboard, dont « Nada se compara contigo », numéro 1 en 1992. Il a aussi chanté en duo avec Selena. Sa chanson « Reencuentro », surnommée « Patria querida », est devenue un hymne pour les Salvadoriens et Centraméricains de l'étranger.
L'espagnol qu'on y entend : Diction lente et très claire, vocabulaire amoureux simple : parfait pour le niveau débutant.
el desamor le chagrin d'amour
la patria la patrie
olvidar oublier
Los Hermanos Flores
🎵 Cumbiagroupe formé vers 1960📍 San Vicente
Fondée vers 1960 à San Vicente par la famille Rodríguez (Andrés de Jesús Rodríguez et María Fidelina de Rodríguez), l'Orquesta Internacional Hermanos Flores est considérée comme l'ambassadrice de la cumbia salvadorienne. La chanteuse Nory Flores, présente depuis les débuts, dirige aujourd'hui l'orchestre. Des titres comme « Salvadoreñas », « La bala » ou « El papaturro » animent les fêtes depuis des décennies. En 2018, San Vicente a donné leur nom à une rue, et le groupe a été le premier artiste salvadorien et centraméricain programmé au festival Coachella, en Californie, en avril 2026.
L'espagnol qu'on y entend : Chansons festives et répétitives, bien articulées mais sur un tempo rapide : niveau intermédiaire.
el baile le bal, la danse
la gira la tournée
la calle la rue
Pescozada
🎵 Hip-hopgroupe formé en 1998📍 Chalatenango
Formé en 1998 à Chalatenango, Pescozada est l'un des noms majeurs du rap salvadorien. Son nom désigne une gifle ou un coup de poing, généralement au visage. Le trio, composé de Debil Estar, Fat Lui et Omnionn, parle de politique, de gangs et de l'avenir du pays plutôt que de drogue ou de sexe. L'album Dialectos nativos (2004) a été très écouté par les communautés salvadoriennes d'Amérique du Nord, et le morceau « Cielo gris » évoque la guerre civile. Les productions d'Omnionn, plus sombres et électroniques que la moyenne du hip-hop latino, font sa signature.
L'espagnol qu'on y entend : Débit rapide et argot salvadorien (le « caliche ») : réservé au niveau avancé.
el barrio le quartier
la pandilla le gang
la guerra civil la guerre civile
Carol Hills
🎵 Pop, musique chrétiennecarrière commencée au début des années 2010📍 Salvador
Carol Hills fait partie de la nouvelle génération de chanteuses salvadoriennes. Auteure-compositrice-interprète, elle s'est d'abord fait connaître dans la musique chrétienne et compte plus d'une décennie de carrière. Elle est membre votante de l'Académie latine des arts et sciences de l'enregistrement, l'institution qui décerne les Latin Grammy. Parmi ses titres : « Confío », « Está bien no estar bien », « Las cosas como son » et « Más lejos ». En mars 2025, la presse salvadorienne l'a citée parmi les chanteuses qui bousculent les stéréotypes dans la musique du pays, aux côtés de Nory Flores.