Danses et musiques du Honduras : punta, paranda, xique, marimba…
Au Honduras, la côte caribéenne vibre au rythme de la punta des Garifunas, tandis que les campagnes de l'intérieur gardent leurs danses paysannes accompagnées de marimba et d'accordéon. Voici les danses et musiques à connaître avant de partir, de San Pedro Sula à Tegucigalpa, avec les mots espagnols pour en parler sur place.
Punta
Danse et musique📍 Côte caribéenne (Tela, La Ceiba, Trujillo, Roatán)Patrimoine UNESCO · 2008
La punta est la danse et la musique des Garifunas, un peuple afro-amérindien venu de l'île de Saint-Vincent. C'est aujourd'hui le rythme le plus entendu du Honduras. Les tambours, la primera qui mène et la segunda plus grave, dialoguent avec maracas et conque, sur des chants en appel et réponse. En cercle, les danseurs font onduler hanches et jambes à toute vitesse en gardant le buste immobile : c'est une parade amoureuse joueuse, presque une compétition. On la danse aux fêtes, sur les plages et même aux veillées funèbres. Sa version électrique, la punta rock, née au Belize en 1978, a explosé au Honduras avec « Sopa de caracol » du groupe Banda Blanca, de San Pedro Sula, numéro un du classement latino de Billboard en 1991.
Où le voir : Dans les communautés garifunas de la côte nord, à Tela, La Ceiba et Trujillo, ainsi qu'à Roatán.
Moins connue que la punta, la paranda est un autre style garifuna, aux influences latines. Son meilleur ambassadeur est Aurelio Martínez, né à Plaplaya, petit village de la côte caribéenne hondurienne. Son père aimait la paranda, et lui a grandi au milieu des chants garifunas ; il a fondé l'ensemble Lita Ariran puis publié en 2004 son premier album solo, Garifuna Soul, consacré à la paranda et aux rythmes traditionnels. Après la mort de son ami bélizien Andy Palacio en 2008, il a enregistré Laru Beya pour prolonger leur combat commun : faire vivre la culture garifuna. Il est aussi adoré à La Ceiba pour sa punta rock.
Le xique, ou xixique, est une danse d'origine indigène venue du village de Cacautare, dans la municipalité de Pespire, au sud du pays. Son nom est une onomatopée : il imite le frottement des caites, les sandales paysannes, sur le sol pendant la danse. Son rythme est ternaire : deux temps doux, puis un temps fort. Elle a été recueillie par le folkloriste Rafael Manzanares Aguilar, fondateur de l'Office national du folklore et du Cuadro de Danzas Folklóricas de Honduras, ce qui explique sa présence dans les spectacles des troupes folkloriques. Les enregistrements faits dans les années 1950 la montrent jouée par de petits ensembles de marimba et d'accordéon, dans la région de Choluteca comme dans la vallée du Yeguare.
🎧 À écouter
Los inditos — Ensemble de marimba et accordéon de Choluteca (Songs and Dances of Honduras, Folkways, 1955)
los caites les sandales paysannes
zapatear frapper du pied en dansant
el grupo folclórico la troupe folklorique
Marimba
Genre musical📍 Intérieur du pays (Comayagua, Tegucigalpa)
Instrument à lames de bois, la marimba accompagne les foires culturelles et les ballets folkloriques de l'intérieur du Honduras. Un ensemble complet réunit sept musiciens autour de deux instruments, une petite marimba appelée « tenor » et une plus grande : les joueurs placés aux deux extrémités doivent se coordonner au millimètre. Valses, fox et airs de danse en forment le répertoire. Mais cette tradition est fragile : en 2014, la presse hondurienne s'inquiétait de la disparition de ses interprètes, souvent âgés. À Comayagua, l'ancienne capitale coloniale, la mairie a donc ouvert une école de marimba gratuite pour les jeunes de 10 à 20 ans, encadrée par le directeur de la Marimba Municipal. Si vous entendez ce son boisé sur une place, arrêtez-vous : il se fait rare.
Où le voir : À Comayagua, où la Marimba Municipal et ses jeunes élèves se produisent lors d'événements culturels.