Danses et musiques de Colombie : cumbia, vallenato, salsa…
En Colombie, la fête a mille rythmes : cumbia de la côte caraïbe, vallenato à l’accordéon, salsa endiablée de Cali et marimba du Pacifique. Découvrez les danses et musiques emblématiques du pays, leur histoire, les festivals où les vivre et le vocabulaire espagnol pour en parler comme un local.
Cumbia
Danse et musique📍 Côte caraïbe
Danse la plus représentative de la côte caraïbe, la cumbia est née d’un métissage d’influences indigènes, afro-colombiennes et, dans une moindre mesure, espagnoles ; ses racines exactes font débat entre la Depresión Momposina et les environs de Carthagène. Les musiciens jouent tambor alegre, llamador, maracas, gaitas (flûtes) et caña de millo. Les couples tournent en cercle autour d’eux sans se toucher : la femme, en longue pollera, tient des bougies allumées et sa jupe, tandis que l’homme tente de lui poser un sombrero vueltiao sur la tête. Le clarinettiste Lucho Bermúdez l’a fait entrer dans l’intérieur du pays avec ses arrangements d’orchestre, et la cumbia a été déclarée patrimoine national de la Colombie en 2022.
Où le voir : Au Festival national de la cumbia José Barros, à El Banco, déclaré patrimoine culturel de la nation en 2013.
Genre musical📍 Valledupar (Caraïbe colombienne)Patrimoine UNESCO · 2015
Le vallenato représente le folklore du « Gran Caribe » colombien et a pour capitale Valledupar. Il repose sur trois instruments sans amplification : l’accordéon pour la mélodie, la caja (petit tambour) et la guacharaca (râpe) pour le rythme. On le joue en quatre « aires » : paseo, merengue, son et puya. Ses juglares, troubadours itinérants, racontaient la vie de la région, et les duels improvisés, ou piquerías, font partie de la tradition : « La gota fría », d’Emiliano Zuleta (1938), raconte justement son duel avec Lorenzo Morales. L’œuvre de Gabriel García Márquez y est intimement liée. Le 1er décembre 2015, l’UNESCO a inscrit le vallenato traditionnel sur sa liste du patrimoine nécessitant une sauvegarde urgente.
Où le voir : Au Festival de la Leyenda Vallenata, créé en 1968 à Valledupar, fin avril-début mai, où les accordéonistes se disputent les titres de Rey et Reina.
Si la salsa est née ailleurs, Cali l’a faite sienne au point d’en être devenue l’une des capitales. La ville est le berceau d’orchestres majeurs : Grupo Niche, Guayacán, Grupo Galé, La Octava Dimensión ou la Cali Salsa Big Band. Fondé par Jairo Varela, Grupo Niche a sorti en 1984 « Cali pachanguero », sur l’album No hay quinto malo : un titre qui rend hommage à la pachanga, très populaire à Cali, et qu’on qualifie d’hymne de la salsa colombienne. Bars de danse, clubs et musées se succèdent du centre-ville au barrio Obrero. Ici, on ne se contente pas de l’écouter : la piste de danse est le vrai lieu de rencontre.
Où le voir : Au Museo de la Salsa et à El Chorrito Antillano, dans le barrio Obrero, ou à La Topa Tolondra (calle 5) et Zaperoco, adresses incontournables pour danser.
Danse et musique📍 Côte pacifique sud (Nariño, Cauca, Valle del Cauca, Chocó)Patrimoine UNESCO · 2015
Sur la côte pacifique, le currulao fait partie des musiques traditionnelles que l’UNESCO a reconnues comme patrimoine immatériel de l’humanité en 2015. Son instrument roi est la marimba, accompagnée de tambours et de chants souvent portés par des femmes : l’édition 2017 du festival était d’ailleurs consacrée à leur rôle. Le grand rendez-vous de ces musiques est le Festival Petronio Álvarez, créé en 1997 à Cali : il porte le nom de Petronio Álvarez (1914-1966), guitariste autodidacte et conducteur de locomotive de Buenaventura, surnommé « El Rey del Currulao » et auteur, vers 1931, de « Mi Buenaventura ». Chaque édition réunit des artistes du Nariño, du Cauca, du Valle del Cauca et du Chocó, avec concerts, ateliers et débats.
Où le voir : Au Festival Petronio Álvarez, à Cali, en août : la plus grande célébration des musiques du Pacifique colombien.