Danses et musiques du Mexique : mariachi, son jarocho, jarabe tapatío…
Trompettes du mariachi, zapateo du son jarocho, élégance du danzón, accordéon du norteño : au Mexique, la musique accompagne chaque fête, du baptême à la veillée. Découvrez les danses et musiques emblématiques du pays, leur histoire, où les voir sur place et le vocabulaire espagnol pour en parler.
Mariachi
Genre musical📍 Jalisco (ouest du Mexique)Patrimoine UNESCO · 2011
Avec ses instruments à cordes, ses voix et ses trompettes, le mariachi est la bande-son du Mexique. Son berceau exact fait débat (Altos de Jalisco, sud du Nayarit, Teocaltiche), mais Jalisco en revendique la paternité, avec des influences du Nayarit et du Michoacán. Son répertoire mêle sones, valses, huapangos, jarabes, polkas et corridos, et accompagne fêtes religieuses, célébrations familiales et événements sociaux. L’UNESCO l’a inscrit le 27 novembre 2011 sous le nom « El mariachi, música de cuerdas, canto y trompeta », une musique « transmise de génération en génération ». Associé à des voix comme Pedro Infante ou Jorge Negrete, il compte des formations légendaires, dont le Mariachi Vargas de Tecalitlán, l’une des plus anciennes.
Où le voir : À Mexico, sur la Plaza Garibaldi, le lieu le plus connu pour écouter des mariachis.
Considéré comme la danse nationale du Mexique, le jarabe tapatío (« tapatío » désigne ce qui vient de Guadalajara) est né au XIXe siècle comme une danse de séduction, héritière de la zambra et du jarabe gitano espagnols. Sa mélodie de référence est due à Jesús González Rubio, professeur de musique à Guadalajara. La danseuse porte la tenue de china poblana, chemisier et jupe brodée ; le danseur, le costume de charro orné d’argent. Moment clé : l’homme danse, taquin, autour du bord du sombrero de sa partenaire. Devenu symbole national vers les années 1860, il a gagné une renommée internationale quand la ballerine russe Anna Pavlova l’a intégré à son répertoire après sa visite au Mexique en 1919.
Danse et musique📍 Veracruz (côte du golfe du Mexique)
Musique de l’État de Veracruz, le son jarocho mêle influences européennes, caribéennes et indigènes. Son cœur, c’est le fandango, une fête communautaire de plus de 300 ans où l’on joue, chante et danse pour un baptême, un anniversaire, une veillée funèbre ou la fête d’un saint. Les danseurs frappent du talon sur la tarima, une estrade en bois : ce zapateo est à la fois danse et percussion. On y entend la jarana, petite guitare à huit cordes taillée dans un bloc de cèdre, et la quijada, une mâchoire d’âne raclée. Délaissé dans les années 1960 et 1970, le genre connaît un vrai renouveau. Son morceau phare : « La Bamba », jouée à Veracruz depuis des siècles, bien avant la version rock de Ritchie Valens.
Où le voir : À Veracruz, le centre culturel caSon organise un fandango un samedi par mois, et Tlacotalpan accueille les plus grands fandangos, avec jusqu’à 80 musiciens.
Danse et musique📍 Veracruz et Mexico (venu de Cuba)
Né à Cuba, où sa « date de naissance » est fixée au 1er janvier 1879 avec « Las alturas de Simpson » de Miguel Failde, le danzón a gagné le Mexique par le Yucatán, puis Veracruz, où il a pris un style local et est devenu un pilier de la vie du port. Il a ensuite conquis Mexico, dans des salles mythiques comme le Salón México. C’est une danse de couple élégante et mesurée : les danseurs dessinent des carrés avec leurs pieds, et le tempo s’accélère en fin de morceau. Alors qu’il déclinait à Cuba au profit du danzonete ou du cha-cha-cha, il reste bien vivant au Mexique, où des orchestres spécialisés, les danzoneras, font encore danser les places publiques.
Où le voir : À Veracruz, des danzoneras jouent deux fois par semaine sur le zócalo, la place centrale.
Genre musical📍 Nord-est du Mexique (et sud-ouest des États-Unis)
Né dans le nord-est du Mexique à la fin du XIXe siècle, le norteño mêle musique locale et styles européens, notamment des airs d’origine austro-tchèque apportés par des immigrés d’Europe centrale. Ses instruments signature sont l’accordéon à boutons et le bajo sexto, une guitare grave ; basse électrique, batterie et saxophone sont venus s’y ajouter. Son répertoire va du corrido, chanson narrative, à la polka, la redova, la ranchera, le boléro ou la cumbia, et ses paroles parlent d’amour, de chagrin et d’immigration. Los Alegres de Terán passent pour l’un des tout premiers groupes ; Ramón Ayala, « roi de l’accordéon », et Los Tigres del Norte en sont des figures majeures, très écoutées aussi dans le sud-ouest des États-Unis.