Danses et musiques de l’Uruguay : candombe, tango, murga…
En Uruguay, les tambours du candombe résonnent chaque dimanche dans les rues de Montevideo, et le carnaval y dure des semaines au rythme de la murga. Ajoutez-y le tango et le rock métissé de Rubén Rada : voici les musiques du pays, où les vivre et le vocabulaire espagnol pour en parler.
Candombe
Danse et musique📍 Montevideo (barrios Sur, Palermo et Cordón)Patrimoine UNESCO · 2009
Héritage afro-uruguayen, le candombe est une tradition de percussion portée par les comparsas, des groupes qui peuvent réunir des centaines de participants. Trois tambours jouent toujours ensemble : le chico, le plus aigu, le repique, qui improvise, et le piano, le plus gros et le plus grave. Chaque quartier historique (Sur, Palermo, Cordón) a sa propre façon de jouer le piano. Tous les dimanches et de nombreux jours fériés, les llamadas, ces défilés de tambours, font résonner les rues. Inscrit par l’UNESCO en 2009, le candombe a aussi son jour national, le 3 décembre, fixé par une loi de 2006. Rubén Rada l’a fait découvrir au public international en le mêlant au rock et au jazz.
Où le voir : Le dimanche après-midi dans les barrios Sur et Palermo, et en février pendant le Desfile de Llamadas du Carnaval, rue Isla de Flores.
Danse et musique📍 Montevideo (Río de la Plata)Patrimoine UNESCO · 2009
Le tango est aussi uruguayen : en 2009, l’Uruguay et l’Argentine ont obtenu ensemble son inscription par l’UNESCO, sous le nom de tango rioplatense. Le morceau le plus célèbre du répertoire est né à Montevideo : « La cumparsita », composée début 1916 par Gerardo Matos Rodríguez, puis arrangée par le chef d’orchestre Roberto Firpo, qui y ajouta une troisième partie et l’enregistra en novembre 1916. Elle fut jouée au café La Giralda, au rez-de-chaussée du Palacio Salvo, où se trouve aujourd’hui un musée du tango. Carlos Gardel, Juan d’Arienzo, Osvaldo Pugliese ou Astor Piazzolla l’ont enregistrée, et une loi de 1997 en a fait l’hymne culturel et populaire de l’Uruguay.
Où le voir : À Montevideo, au Palacio Salvo, sur l’ancien emplacement du café La Giralda, qui abrite aujourd’hui un musée du tango.
La murga uruguayenne est un genre choral, théâtral et musical né du carnaval de Montevideo. Son origine remonte à 1909 : une troupe de zarzuela espagnole, faute de spectateurs, se met à chanter dans la rue pour gagner quelques pièces ; l’année suivante, un groupe de carnaval la parodie sous le nom de « Murga La Gaditana que se va ». Un chœur d’environ 13 à 17 voix chante et joue des scènes satiriques sur l’actualité de l’année, au son du bombo, des platillos et du redoblante, qui marquent le rythme « marcha camión ». Patos Cabreros détient le record de quinze premiers prix ; Falta y Resto, Contrafarsa et Agarrate Catalina comptent parmi les grandes murgas modernes. Jaime Roos l’a même fait entrer dans la chanson.
Où le voir : Pendant le Carnaval de Montevideo, au Teatro de Verano Ramón Collazo du Parque Rodó, qui accueille le concours officiel, et sur les tablados de quartier.
À la fin des années 1960, le candombe rencontre le rock. Au sein d’El Kinto, Rubén Rada et Eduardo Mateo développent le « candombe beat », qui ajoute instruments électriques, congas et batterie à des chansons en espagnol. Rada poursuit avec Tótem, groupe éphémère du début des années 1970 à l’influence durable, puis avec Opa, formé par Hugo et Osvaldo Fattoruso et Ringo Thielmann, qui pousse le candombe vers le jazz-rock. Né à Montevideo en 1943, Rada a mêlé toute sa vie candombe, rock, jazz, funk et murga, et son album de 1969, surnommé Las Manzanas d’après son tube, reste culte. Il s’est éteint le 26 août 2026 à Montevideo, à 83 ans, et l’Uruguay a salué l’un de ses plus grands musiciens.