Danses et musiques de Porto Rico : bomba, plena, danza, reggaetón…
Porto Rico est une petite île à l'énorme influence musicale : la bomba afro-portoricaine, la plena, « journal chanté » de Ponce, la danza romantique et le reggaetón qui a conquis la planète. De San Juan à Ponce, voici les danses et musiques à connaître, avec le vocabulaire espagnol pour vous lancer sur la piste.
Bomba
Danse et musique📍 Loíza, Santurce (San Juan), Ponce, Mayagüez, Guayama
La bomba est la plus ancienne tradition musicale de Porto Rico. Elle est née au XVIIe siècle dans les plantations de canne à sucre, chez les Africains réduits en esclavage et leurs descendants. Les barriles, des tambours fabriqués à partir de tonneaux de rhum et de peau de chèvre, en sont le cœur : les buleadores tiennent le rythme tandis que le subidor, le tambour soliste, répond aux pas improvisés du danseur, les piquetes. Fait rare, c'est donc le danseur qui mène la musique ! Maracas et cuás, des percussions en bambou, complètent l'ensemble. La bomba compte une dizaine de rythmes, dont le sicá, le yubá et l'holandés. Les familles Cepeda, à Santurce, et Ayala, à Loíza, en sont les gardiennes.
Où le voir : À Loíza, pendant les Fiestas de Santiago Apóstol, fin juillet, avec groupes de bomba, vejigantes masqués et processions.
La plena est née vers 1900 dans le quartier de San Antón, à Ponce, chez des musiciens afro-portoricains influencés par la bomba. On l'a surnommée le periódico cantado, le « journal chanté », car ses couplets de huit syllabes racontaient l'actualité : amours, politique, faits divers. Son instrument roi est le pandero, un tambourin en peau de chèvre décliné en trois tailles, seguidor, punteador et requinto ; légers et faciles à transporter, ils ont permis à la plena de s'inviter dans toutes les fêtes. Güiro, cuatro et accordéon complètent souvent l'ensemble. Manuel « El Canario » Jiménez en est l'un des plus grands compositeurs. Aujourd'hui, Los Pleneros de la 21 ou Plena Libre la font vivre, et Bad Bunny lui a récemment offert une nouvelle jeunesse.
La danza est la musique des salons du XIXe siècle portoricain. Elle apparaît à Ponce vers 1840, en réaction contre la contredanse trop codifiée, sous l'influence de la habanera apportée par des immigrés cubains. Jugée trop audacieuse, elle est d'abord condamnée par les autorités, qui tentent en vain de l'interdire. Les couples se tiennent avec élégance et tournent comme dans une valse. Les danzas romantiques s'ouvrent par un paseo de huit mesures, suivi de trois thèmes. Manuel Gregorio Tavárez, « le père de la danza portoricaine », l'élève au rang d'art, et son disciple Juan Morel Campos (1857-1896), natif de Ponce, en compose plus de 300. Ses titres, souvent dédiés aux femmes et à l'amour, sont encore joués aujourd'hui.
Héritier du reggae en espagnol panaméen et de l'« underground » des quartiers de San Juan, le reggaetón portoricain a conquis la planète au début des années 2000. Le déclic s'appelle Barrio Fino, l'album de Daddy Yankee sorti en juillet 2004 : premier album de reggaetón à entrer directement à la première place du classement Top Latin Albums aux États-Unis, il devient l'album latino le plus vendu de la décennie dans le pays. Son tube « Gasolina » entre dans le top 5 en Italie, en Irlande ou au Royaume-Uni, et devient la première chanson de reggaetón nommée aux Latin Grammy dans la catégorie enregistrement de l'année. Depuis, l'île n'a cessé de produire des stars mondiales, et le perreo s'est installé sur toutes les pistes de danse.