Musique de l'Équateur : les artistes, de Julio Jaramillo à Mirella Cesa
En Équateur, le pasillo, chanson romantique et mélancolique, a fait naître des légendes adorées dans toute l'Amérique latine. Voici cinq artistes, des pionnières du pasillo aux créateurs de la pop andine, pour entraîner votre oreille à l'espagnol de Quito et de Guayaquil en découvrant l'âme musicale du pays.
Carlota Jaramillo
🎵 Pasillo, pasacalle1904-1987📍 Calacalí (près de Quito)
Surnommée « la reine de la chanson nationale », Carlota Jaramillo est une pionnière du pasillo. En 1922, avec sa sœur, elle remporte un concours de chant au théâtre Sucre de Quito, où elles sont les seules femmes en compétition. Formée comme institutrice, elle enregistre son premier disque, « Amor grande y lejano », en 1938, puis « Sendas distintas » en 1942 avec Luis Alberto Valencia. À sa mort, à Quito en 1987, elle reçoit des funérailles avec tous les honneurs. Un monument lui est dédié à Calacalí depuis 1972, et sa maison est devenue un musée en 2004.
L'espagnol qu'on y entend : Un chant lent et soigné, mais une langue poétique et un peu ancienne : plutôt pour le niveau avancé.
la senda le sentier
lejano lointain
el pasillo le pasillo, chanson romantique équatorienne
Julio Jaramillo
🎵 Pasillo, boléro, valse1935-1978📍 Guayaquil
Surnommé « el Ruiseñor de América », le rossignol de l'Amérique, Julio Jaramillo est la plus grande star de l'histoire de la musique équatorienne. Le pasillo « Fatalidad » le révèle en 1956, et « Nuestro juramento » (1957) devient sa chanson emblématique, toujours populaire dans toute l'Amérique du Sud. Il aurait enregistré plus de 2 200 chansons. Sa popularité a été comparée à celle de Carlos Gardel en Argentine ou de Pedro Infante au Mexique. À sa mort en 1978, à 42 ans, environ 250 000 personnes assistent à ses funérailles à Guayaquil.
L'espagnol qu'on y entend : Une voix limpide et une diction très claire sur des tempos lents : un excellent choix dès le niveau intermédiaire.
el juramento le serment
la fatalidad la fatalité, le malheur
el ruiseñor le rossignol
Paulina Tamayo
🎵 Pasillo, sanjuanito, albazo1965-2025📍 Quito
Surnommée « la Grande del Ecuador », Paulina Tamayo commence très jeune : à cinq ans, elle remporte le festival Rumichaca de Oro avec le pasillo « Entrega final ». En 1977, elle gagne un festival de la jeunesse latino-américaine à Acarigua, au Venezuela. Au fil de quinze albums, elle défend les genres populaires équatoriens, du pasillo au sanjuanito. Elle a reçu le prix national Carlota Jaramillo en 2018 et a été jurée de l'émission Yo me llamo. En 2025, elle enregistre « Sombras » en duo avec Eva Ayllón. Elle est morte le 21 octobre 2025, à 60 ans.
L'espagnol qu'on y entend : Une voix puissante et une prononciation très nette de l'espagnol andin : idéal pour le niveau intermédiaire.
la sombra l'ombre
el sanjuanito le sanjuanito, rythme andin équatorien
la entrega le don de soi, la remise
Juan Fernando Velasco
🎵 Pop, pasilloné en 1972📍 Quito
Après une dizaine d'années au sein du groupe Tercer Mundo, Juan Fernando Velasco se lance en solo avec Para que no me olvides (1999), disque d'or. Son album Tanto amor (2002) est certifié platine en Équateur et en Colombie, et des titres comme « Chao Lola » ou « Hoy que no estás » se hissent en tête des classements de plusieurs pays. Il remet le pasillo au goût du jour auprès d'un public jeune. En 2004, il reçoit l'ordre Vicente Rocafuerte, et son album A tu lado est nommé aux Grammy latinos en 2007. Il vit à Miami depuis 2005.
L'espagnol qu'on y entend : Une diction claire, un tempo modéré et un vocabulaire sentimental simple : parfait pour les débutants.
olvidar oublier
el amor l'amour
a tu lado à tes côtés
Mirella Cesa
🎵 Pop andine (andipop)née en 1984📍 Guayaquil
Chanteuse et guitariste, qui joue aussi du charango, Mirella Cesa est surnommée « la mère de l'andipop », une pop qui intègre des sonorités des Andes. Active depuis 2006, elle est la première artiste féminine représentant l'Équateur à recevoir un prix Los 40 Principales en Espagne. Ses titres « Darte mi amor », « Deseo concedido » et « Corazón abierto » sont entrés dans les classements au Venezuela. En 2012, elle assure la première partie d'un concert d'Elton John, et elle est nommée ambassadrice de l'Unicef pour l'Équateur en 2022. Elle a publié l'album La quinceañera en 2022.