Musique de Porto Rico : les artistes, de Rafael Hernández à Bad Bunny
Porto Rico pèse bien plus lourd que sa taille dans la musique latine : boléro, salsa, reggaeton et trap y ont trouvé des voix majeures. Voici cinq artistes, de Rafael Hernández et Héctor Lavoe à Ivy Queen, Calle 13 et Bad Bunny, pour entendre l'espagnol boricua, rapide et imagé.
Rafael Hernández
🎵 Boléro1892-1965📍 Aguadilla
Né le 24 octobre 1892 à Aguadilla et mort le 11 décembre 1965 à San Juan, Rafael Hernández est l'un des plus grands compositeurs de Porto Rico. En 1917, il s'engage dans les Hellfighters du 369e régiment d'infanterie américain. À New York, il fonde en 1925 le Trío Borincano, puis le Cuarteto Victoria. Il écrit en 1937 « Lamento borincano » et « Preciosa », devenus des classiques, et son répertoire compte aussi « El cumbanchero », « Campanitas de cristal » ou « Perfume de gardenias ». Il a contribué à populariser le boléro à Porto Rico.
L'espagnol qu'on y entend : Boléros lents à la diction très claire : idéal pour le niveau débutant.
el lamento la complainte
borincano portoricain (de Borinquen)
la campanita la clochette
Héctor Lavoe
🎵 Salsa1946-1993📍 Ponce
Héctor Juan Pérez Martínez, né le 30 septembre 1946 à Ponce et mort le 29 juin 1993 à New York, prend le surnom de « La Voz », qui devient Lavoe. Il enregistre quatorze albums avec Willie Colón, dont les succès « Calle luna, calle sol » et « Aguanilé ». Soliste chez Fania Records, il fait de « El cantante », écrite par Rubén Blades, sa chanson signature, tandis que « Periódico de ayer » reste quatre mois numéro 1 au Mexique. Surnommé « le chanteur des chanteurs », il est mort à 46 ans de complications liées au sida.
L'espagnol qu'on y entend : Phrasé portoricain et improvisations vocales (les « soneos ») : niveau intermédiaire.
el periódico le journal
la voz la voix
ayer hier
Ivy Queen
🎵 Reggaetonnée en 1972📍 Añasco
Martha Ivelisse Pesante Rodríguez, née le 4 mars 1972 à Añasco et élevée à New York, est surnommée la « reine du reggaeton ». En 1995, elle débute au sein du collectif masculin The Noise, puis s'impose avec des textes sur l'émancipation des femmes, l'infidélité et les questions sociales. Son titre « Quiero bailar » (2003) est le premier en espagnol à atteindre la première place du classement Rhythmic Top 40 de la radio WPOW, à Miami. En 2024, elle devient la première artiste de reggaeton à se produire en tête d'affiche au Carnegie Hall de New York.
L'espagnol qu'on y entend : Débit rapide et argot portoricain : niveau avancé.
bailar danser
la reina la reine
llorar pleurer
Calle 13
🎵 Rap, fusion latino-américainegroupe formé en 2004📍 Trujillo Alto
Formé en 2004 à Trujillo Alto par Residente (René Pérez Joglar) et Visitante (Eduardo Cabra), frères par alliance, avec iLe aux chœurs, Calle 13 tire son nom de la rue où vivait la famille. Le groupe passe du reggaeton décalé de « Atrévete-te-te » à des chansons engagées comme « Latinoamérica », sur un rythme de chacarera argentine, avec Susana Baca, Totó la Momposina et Maria Rita. En 2011, il remporte neuf Latin Grammy en une seule soirée, un record. Il compte au total plus de vingt Latin Grammy et trois Grammy, et il est en pause depuis 2015.
L'espagnol qu'on y entend : Textes denses, jeux de mots et argot : niveau avancé.
la calle la rue
atreverse oser
el visitante le visiteur
Bad Bunny
🎵 Trap latino, reggaetonné en 1994📍 Bayamón, élevé à Vega Baja
Benito Antonio Martínez Ocasio, né le 10 mars 1994 à Bayamón et élevé à Vega Baja, a été l'artiste le plus écouté au monde sur Spotify à quatre reprises. Révélé en 2016 par « Diles », il enchaîne les albums records, dont El último tour del mundo, premier album entièrement en espagnol numéro 1 du Billboard 200. En 2026, Debí tirar más fotos devient le premier album entièrement en espagnol à remporter le Grammy de l'album de l'année, et il est le premier artiste latino solo à mener le spectacle de la mi-temps du Super Bowl.