Musique du Venezuela : les artistes, de Simón Díaz à Danny Ocean
Des chansons des Llanos de Simón Díaz à la salsa d'Oscar D'León, en passant par le funk de Los Amigos Invisibles, le Venezuela a offert de grandes voix à toute l'Amérique latine. Voici cinq artistes, d'hier et d'aujourd'hui, pour habituer votre oreille à l'espagnol vénézuélien, rapide, chantant et plein d'expressions locales.
Simón Díaz
🎵 Musique des Llanos (tonada, pasaje)1928-2014📍 Barbacoas (Aragua)
Surnommé « tío Simón » grâce à son émission pour enfants Contesta por tío Simón, restée plus de dix ans à l'antenne, Simón Díaz est la grande voix du folklore des Llanos, les plaines du centre du pays. Chanteur, compositeur, acteur et humoriste, il a enregistré plus de 70 disques. Sa chanson « Caballo viejo », parue en 1980 sur l'album Golpe y pasaje, compte plus de 300 reprises. L'Académie latine de l'enregistrement lui a décerné en 2008 un prix pour l'ensemble de sa carrière, remis par Oscar D'León. Il est mort à Caracas en 2014.
L'espagnol qu'on y entend : Diction lente et posée, avec un vocabulaire rural des Llanos : idéal pour un niveau intermédiaire.
el caballo le cheval
el llano la plaine
la luna llena la pleine lune
Oscar D'León
🎵 Salsané en 1943📍 Caracas
De son vrai nom Óscar Emilio León Simoza, ce chanteur et contrebassiste fonde en 1972 le groupe Dimensión Latina, avec lequel il enregistre en 1974 « Llorarás », qu'il a lui-même écrite. En 1976, il quitte le groupe et crée La Salsa Mayor, dont la version du merengue « Juanita Morell » triomphe à la radio à Porto Rico. On le surnomme « el Faraón de la Salsa », « el León de la Salsa » ou « el Sonero del Mundo ». Il a reçu un doctorat honoris causa de l'Universidad Pedagógica Experimental Libertador en 2015.
L'espagnol qu'on y entend : Accent caribéen de Caracas, débit rapide et improvisations : à réserver à un niveau avancé.
el sonero le chanteur improvisateur de salsa
el bajo la basse
llorar pleurer
Cecilia Todd
🎵 Musique folklorique vénézuéliennenée en 1951📍 Caracas
Chanteuse et joueuse de cuatro, la petite guitare vénézuélienne à quatre cordes, Cecilia Todd commence dans un groupe familial puis rejoint un trio scolaire à 12 ans. Ses premières apparitions publiques datent de 1970. Dès 1972, elle noue un lien fort avec l'Argentine, où elle a vécu trois ans. En plus de quarante-cinq ans de carrière, elle a parcouru le folklore de tout le pays et chanté avec Soledad Bravo, Silvio Rodríguez ou Pablo Milanés. Son album Niño Jesús de Merey (2009) célèbre la musique de Noël vénézuélienne.
L'espagnol qu'on y entend : Voix claire et articulation soignée, avec quelques mots du folklore : bon support pour un niveau intermédiaire.
el cuatro le cuatro (guitare à quatre cordes)
el pajarillo le petit oiseau
la Navidad Noël
Los Amigos Invisibles
🎵 Acid jazz, funk, disco latingroupe actif depuis 1987📍 Venezuela
Ce groupe mêle acid jazz, disco et funk aux rythmes latins avec beaucoup d'humour. En 1996, le label Luaka Bop de David Byrne le signe après avoir découvert un CD que les musiciens avaient glissé dans un magasin de disques de New York. Suivent des albums aux titres malicieux comme The New Sound of the Venezuelan Gozadera (1998) ou Arepa 3000 (2000). Le groupe remporte le Grammy latino du meilleur album de musique alternative en 2009 pour Commercial, puis celui de la meilleure chanson alternative en 2019 pour « Tócamela ».
L'espagnol qu'on y entend : Argot vénézuélien, jeux de mots et accent caraqueño : un défi stimulant pour un niveau avancé.
la gozadera la fête, l'ambiance festive
la arepa la galette de maïs
el amigo invisible l'ami invisible
Danny Ocean
🎵 Pop urbaine, reggaetonné en 1992📍 Venezuela
Danny Ocean incarne la génération des Vénézuéliens partis à l'étranger. Installé aux États-Unis, il publie en 2016 « Me rehúso », chanson de rupture teintée de reggaeton sur la petite amie laissée au pays au moment d'émigrer. Le titre devient un classique des soirées en Amérique latine, est certifié 13 fois platine aux États-Unis et dépasse les 2 milliards d'écoutes sur Spotify. Son EP venequia. (2024) se réapproprie le mot « veneco », employé comme insulte contre les migrants. En décembre 2025, il chante à Oslo lors de la remise du prix Nobel de la paix à María Corina Machado.